Le champignon à la rescousse des palmiers

Alexia Ighirri

— 

Dans les Alpes-Maritimes, 300 palmiers sont aujourd'hui infestés par le charançon rouge.
Dans les Alpes-Maritimes, 300 palmiers sont aujourd'hui infestés par le charançon rouge. — A. SELVI / ANP / 20 MINUTES

Le charançon rouge des palmiers a désormais un adversaire à sa taille. Son nom : le Beauveria Bassiana. Développé au sein du laboratoire varois Vegetech, ce champignon microscopique est capable de tuer l'insecte menaçant les fameux arbres azuréens, dont 300 sont aujourd'hui infestés. Depuis 2009, des tests ont été effectués sur deux souches du Beauveria Bassiana, aux résultats prometteurs : jusqu'à 88 % d'efficacité contre 51 % pour le produit chimique Confidor, selon Vegetech. Chaque palmier a été ensemencé d'environ 200 g de spores* du champignon : « Elles vont ensuite au contact des corps des larves et du charançon rouge adulte et se développent à l'intérieur d'eux. Cela les tue en quelques jours », explique Karine Panchaud, biologiste chez Vegetech. Autre avantage de ce champignon, dont la fonction première consiste déjà à réguler les populations d'insectes : « Une fois le charançon rouge mort, de nouvelles spores sont produites pour en contaminer d'autres. »

Application dès cet été
Un outil performant en cours d'homologation et qui a suscité l'intérêt du Copil CRP azuréen, comité de pilotage qui œuvre contre la prolifération du charançon dans 30 communes du département. Sa stratégie : privilégier la lutte biologique contre le nuisible. « On ne peut pas l'éradiquer complètement. Mais si on dispose d'un prédateur quasi-naturel et plus efficace pour freiner le développement de l'insecte, c'est une victoire », indique-t-on au Copil CRP. Lundi, Christian Estrosi a envoyé un courrier au ministre de l'Agriculture, demandant qu'une autorisation spéciale pour un protocole expérimental en milieu naturel de ce champignon soit accordée. « Nous serons fixés vers la fin avril. Si nous avons l'autorisation, un périmètre d'action sera alors déterminé et l'application de ce champignon pourra y être faite dès cet été », précise un membre du Copil CRP.