« droite et extrême-droite ont des frontières floues ici »

REcueilli par J. C. MAGNENET

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Le FN et Marine Le Pen (ici en bas, à Nice en 2011) regardent de près le cas Niçois.
Le FN et Marine Le Pen (ici en bas, à Nice en 2011) regardent de près le cas Niçois. — J.C. MAGNENET / ARCHIVES ANP

Marine Le Pen sera à Nice, ce soir, pour un grand meeting de campagne. La candidate du Front national espère faire le plein de voix sur la Côte d'Azur, après les bons résultats enregistrés dans le département aux dernières élections cantonales. Pour 20 Minutes, Gilles Ivaldi, chercheur en science politique du CNRS au sein de l'Université de Nice, décortique le vote frontiste des Azuréens.

Les centres urbains français votent plutôt à gauche. Pourquoi le FN est-il si fort dans les Alpes-Maritimes ?
Ce département a une sociologie différente du fait du poids des retraités et a une longue tradition à droite. Sociologiquement, les rapatriés d'Algérie forment un socle électoral important pour la droite locale. Mais le vote Le Pen semble progresser dans les jeunes générations.

L'UMP 06 et le FN local se disputent-ils le même électorat ?
Historiquement, les frontières entre droite et extrême-droite ont toujours été plus floues ici : Jacques Médecin, Jacques Peyrat ou, plus récemment, des députés comme Lionnel Luca ou Eric Ciotti incarnent bien cette aile « dure » de la droite parlementaire, plus proche des thèmes du FN.

Des dissensions ont éclaté en 2011 à la tête du FN azuréen. Cela aura-t-il un impact dans l'isoloir ?
Oui, certainement. Comme tous les partis, le FN souffre électoralement de ses divisions locales. C'est un problème ancien pour le FN au niveau national : le parti avait déjà éclaté dans beaucoup d'endroits lors de la scission de 1999.

Nicolas Sarkozy avait grignoté des voix au FN en 2007 sur la Côte d'Azur. Y aura-t-il un retour de balancier cette année ?
Dans les Alpes-Maritimes, ce mouvement de vases communicants a en effet été évident. Mais les cantonales de 2011 ont montré un regain électoral pour le FN qui a obtenu des scores de premier tour élevés. Ce succès a été obtenu à une élection « intermédiaire », de dimension locale, avec une abstention record, ce qui rend difficile toute projection sur la présidentielle. D'autant qu'en 2011, la droite azuréenne a finalement plutôt bien résisté au FN, aux dépends de la gauche qui a reculé en sièges. L'extrême-droite regarde évidemment avec beaucoup d'intérêt le cas niçois.