De nouvelles graines en bord de Siagne

Erwan Rousseau

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A terme, la vallée de la Siagne accueillera des agriculteurs mais aussi des potagers partagés.
A terme, la vallée de la Siagne accueillera des agriculteurs mais aussi des potagers partagés. — ville de cannes

Le réaménagement de la basse vallée de la Siagne passe à la vitesse supérieure. C'est en effet cette semaine que la chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes lance un appel aux candidatures. Les agriculteurs « éco-responsables » intéressés par une parcelle de terre sur cette zone, située à l'Ouest de Cannes, sont invités à se manifester. « C'est le premier appel pour ce projet, et une quinzaine de professionnels se sont déjà renseignés », concède Emilie Jaussaud, conseillère territoriale au sein de la chambre consulaire.
Dès le mois de mars, la cité des festivals va ainsi mettre à disposition des exploitants choisis une parcelle de trois hectares, destinée au maraîchage. Un second terrain, d'environ 1,2 ha divisible, a quant à lui vocation accueillir de la culture hors sol : apiculture, horticulture, production de spiruline (algues) ou de fraises.

« Une aubaine »
« Redonner à cette vallée sa vocation agricole d'antan. » Voilà la volonté de la municipalité, rappelle David Lisnard, 1er adjoint (UMP) au maire, qui compte ainsi « sanctuariser le domaine ». L'urbanisation y est donc proscrite, et toute construction défendue. Un frein pour certains exploitants qui hésitent encore à se lancer dans l'aventure. « Cette zone est inondable, je ne pourrai pas installer de laboratoire », déplore ainsi un producteur de spiruline de Fréjus, initialement intéressé par le projet. Des craintes que ne partage pas Serge Dupuis, producteur lui aussi d'algues, mais en Alsace. Le projet l'a séduit. « J'ai simplement besoin d'eau, d'électricité et d'installer mes serres », détaille-t-il. Jean-Louis Lautard, apiculteur azuréen, y voit lui aussi « une aubaine ». Basé au Tignet, ce professionnel connaît déjà la vallée de la Siagne sur le bout des doigts et cherche des emplacements pour ses ruches. Pour cet exploitant apicole, une parcelle située en borne côtière est propice à l'élevage d'abeilles : « un climat chaud, une flore variée et précoce, une bonne orientation au soleil… » Bref, un lieu idéal.