Les techniques de police à la barre

alexia Ighirri

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Me Blumenkranz et Me Baudoux défendent les policiers prévenus de la Bac.
Me Blumenkranz et Me Baudoux défendent les policiers prévenus de la Bac. — A. IGHIRRI / ANP / 20 MINUTES

«Un policier est responsable de l'individu interpellé ». Alvaro Fernandes a longuement insisté, hier, devant le Tribunal de grande instance de Grasse. Sept policiers y sont jugés pour « homicide involontaire » et « non assistance à personne en danger » après le décès en 2008 d'Abdelhakim Ajimi lors d'une interpellation.
Chef du centre national de formation des formateurs, cité comme témoin par la défense, Alvaro Fernandes a détaillé les pratiques enseignées aux policiers. Et tout particulièrement la clé d'étranglement et la compression thoracique, autorisées mais dangereuses, utilisées par les deux policiers de la brigade anti-criminalité (Bac) lors de l'interpellation d'Abdelhakim Ajimi. Effectuées dans un cadre légal, mais trop longtemps et avec trop de force, ces pratiques auraient causé son décès, par asphyxie mécanique lente, selon les expertises médicales. « Il n'y a faute que si ces gestes sont appliqués au-delà de la nécessaire immobilisation. La persistance des techniques employées était-elle justifiée ? A quel moment les pressions auraient du être relâchées ? Voilà les termes du débat », rappelle le président de la Cour Franck Robail.

« Boucs émissaires »
« Un policier qui interpelle doit faire preuve de discernement », assure encore Alvaro Fernandes. Pour Me De Vita, avocat de la partie civile, c'est limpide : « Le témoin a bien insisté sur le fait qu'il fallait s'assurer en permanence de l'état de l'interpellé. Il y a donc faute ». « La force des gestes a été proportionnelle à la rébellion d'Abdelhakim », juge pour sa part Me Blumenkranz, avocat des prévenus, tout comme Me Baudoux, qui plaidera pour « le procès d'une technique et d'un enseignement. Il ne faut pas faire de ces policiers les boucs émissaires ».