L'affaire Ajimi jugée à partir d'aujourd'hui

Alexia Ighirri

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« Les policiers risquent jusqu'à trois ans de prison », selon leur avocat, Me Gérard Baudoux.
« Les policiers risquent jusqu'à trois ans de prison », selon leur avocat, Me Gérard Baudoux. — J. C. MAGNENEt / ARCHIVES ANP / 20 MINUTES

Des policiers se retrouvent à la barre, ce matin. Deux fonctionnaires de la brigade anti-criminalité (Bac) de Grasse comparaissent devant le tribunal correctionnel de la cité des parfums pour « homicide involontaire » sur la personne d'Abdelhakim Ajimi. Ce Grassois de 22 ans est décédé d'une asphyxie, après avoir été interpellé par la police le 9 mai 2008, selon les expertises médicales. Les forces de l'ordre étaient intervenues lors d'une altercation opposant Abdelhakim Ajimi à son banquier. Le jeune homme s'était alors débattu, avant d'être plaqué au sol et immobilisé. Il pourrait avoir succombé à une compression thoracique et à une clef de bras trop longues et trop fortes, pratiquées par les policiers, l'empêchant ainsi de respirer.
L'un des deux agents de la Bac est aussi jugé pour « non-assistance à personne en danger ». Un chef d'accusation retenu également à l'encontre d'un policier municipal et de quatre autres fonctionnaires de police-secours, ayant conduit Abdelhakim Ajimi au commissariat sans se rendre compte de son état.

Rebondissements
Devenu « l'affaire Ajimi », ce fait divers avait suscité une vive polémique lorsqu'en décembre 2008, les deux policiers avaient été placés sous le statut de témoins assistés. Un comité de soutien, « Justice pour Hakim », avait alors vu le jour. Un an plus tard, à la demande du parquet de Grasse, les policiers sont mis en examen. Un non-lieu est prononcé. Les avocats de la famille Ajimi et le parquet grassois font appel. Finalement, en 2010, la Cour d'appel d'Aix-en-Provence ordonne le renvoi devant le tribunal correctionnel de Grasse des deux agents de la Bac. « On est satisfait d'en découdre parce qu'on a eu des bâtons dans les roues ! En temps normal, l'affaire aurait pris dix-huit mois », estime Me Franck De Vita, l'un des avocats de la famille. Les faits remontent aujourd'hui à 4 ans... », rappelle-t-il. Les deux policiers risquent jusqu'à 3 ans d'emprisonnement, selon leur avocat Me Gérard Baudoux.