Estrosi élu président métropolitain

Aurélie Selvi

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Christian Estrosi a été largement élu avec 111 voix en sa faveur.
Christian Estrosi a été largement élu avec 111 voix en sa faveur. — J. C. MAGNENET / ANP / 20 MINUTESA. SELVI / ANP / 20 MINUTES

Effervescence hier au Centre universitaire méditerranéen de Nice. Fraîchement rénovées, les banquettes de velours rouge accueillaient 128 édiles azuréens, sous les flashs et les caméras. Objectif : signer l'acte de naissance de la métropole Nice Côte d'Azur, première entité administrative française de ce type regroupant 46 communes, du Mercantour au littoral niçois. Et lui trouver un président... Unique candidat, le député-maire de Nice et ex-président de la communauté urbaine, Christian Estrosi (UMP), a donc décroché le fauteuil, sans surprise et à la grande majorité. Sur les 128 participants au scrutin, l'élu a recueilli 111 votes (6 blancs, 11 abstentions).

« Une concentration des pouvoirs »
« Pour des raisons évidentes de complémentarité et de ressources, partout, autour de la Méditerranée, les siècles ont forgé des territoires qui incluent des rivages marins, des collines et des montagnes », a souligné l'élu dans son discours. Et d'ajouter en conférence de presse : « La métropole donnera la même équité en financements publics à nos territoires, qu'ils soient urbains ou ruraux ».
Cette équité, Patrick Allemand, conseiller communautaire d'opposition (PS) espère qu'elle sera respectée. « Vous avez scindé ce territoire, il faudra veiller à conserver ses complémentarités », a-t-il mis en garde, fustigeant ainsi un périmètre qu'il ne juge « pas pertinent ». « Il faut plus de temps pour se rendre de Nice au col de la Bonnette [point le plus haut de la métropole] que jusqu'à Marseille », a notamment pointé l'élu. Lui aussi dans les rangs de l'opposition, qui comptent désormais une dizaine d'élus contre moitié moins en conseil communautaire, Robert Injey (PCF) s'inquiète surtout de « la concentration des pouvoirs dans les mains d'un seul ». « Les communes restent les pierres angulaires de l'édifice métropolitain. En ce qui concerne les compétences transférées à la métropole [voirie, transports scolaires, promotion économique], rien ne se fera sans l'accord du maire et de son conseil municipal », argue de son côté Christian Estrosi. Un principe inscrit dans la charte de la métropole Nice Côte d'Azur, adoptée hier.

Sur la feuille de route de la métropole

Parmi les projets de Nice Côte d'Azur, un plan de déplacement urbain devrait être finalisé en 2013. Avec pour objectif d'atteindre dans les 10 ans les 120 millions d'usagers annuels des transports. Côté environnement, une éco-taxe pour les poids-lourds empruntant l'A8 depuis l'Italie est à l'étude, tout comme un système de merroutage au départ du port de Gênes.