Retrouvailles à distance pour Iacono

Thibaud Roques

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Hier à Grasse, Christian Iacono a pu faire un signe à son petits-fils (au premier plan, à droite).
Hier à Grasse, Christian Iacono a pu faire un signe à son petits-fils (au premier plan, à droite). — T. ROQUES / ANP / 20 MINUTES

Ils étaient là, à quelques mètres l'un de l'autre, hier matin. Sur le parking de la maison d'arrêt de Grasse, les deux hommes qui se sont tant affrontés devant la justice ont pu s'apercevoir. Gabriel Iacono est resté à l'écart. Il lui est interdit d'approcher son grand-père, Christian, qu'il a accusé de viol durant onze ans avant de se rétracter au printemps dernier, tant que l'affaire n'est pas arrivée à son terme. Mais il tenait quand même à être présent. « C'est ma place, a-t-il expliqué. Je vais me battre avec lui. Je veux que mon grand-père soit blanchi. Cette semaine, je réécris au parquet pour qu'ils aient ma rétractation complète, pour pouvoir avancer, peut-être. J'ai écrit à mon grand-père pour le nouvel an. Mais mon rêve serait de le rencontrer, de lui demander pardon. Les premier mots... ce sera ça : “Pardon... excuse-moi” », souffle le jeune Azuréen, aujourd'hui âgé d'une vingtaine d'années .

Un premier pas
Un pardon que l'ancien maire de Vence, à quelques minutes de sa quatrième incarcération, était déjà prêt à accepter. « Gabriel a évolué très favorablement. Il assume son mensonge, il le regrette. Et puis, on ne peut pas en vouloir toute une vie a un garçon de 9-10 ans qui a fait une grosse, grosse bêtise ». Christian Iacono, 77 ans, qui s'est dit « prêt à affronter cette nouvelle épreuve », qu'il « espère assez courte » a « le sentiment que des liens se sont créés avec Gabriel, malgré les contraintes judiciaires ».
« Il ne manque plus qu'on nous autorise à vivre un petit peu ensemble pour que les choses s'apaisent », pense-t-il. Juste avant de partir et de passer la porte de la maison d'arrêt, l'ancien maire de Vence adresse même un signe de la main à son petit-fils. Comme un premier pas. « Je le remercie d'être là, déclare Christian Iacono. Je sais qu'il doit être très malheureux, mais je veux lui dire qu'il ne se culpabilise pas trop, que la justice ça met du temps et que tout n'est pas de sa faute. J'espère qu'on pourra tomber dans les bras l'un de l'autre bientôt », conclut l'ex-maire de Vence