Le rapt des Guiglion rejugé

Jean Christophe Magnenet

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Le procès a lieu à Aix-en-Provence.
Le procès a lieu à Aix-en-Provence. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

Enlèvement, séquestration, violences… Les six accusés qui se retrouvent devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône traînent un lourd dossier. C'est l'enlèvement contre rançon des époux Guiglion, en 2006, qui est en effet rejugé à partir de ce matin en appel à Aix-en-Provence.
En première instance, les assises des Alpes-Maritimes avaient condamné à une peine de dix-huit ans de réclusion criminelle Camel Ben Taïeb, considéré comme le cerveau du rapt, dont il espérait tirer une rançon de 15 millions d'euros.

Rapt au petit matin
José Arcas et Régis Denis, deux autres ravisseurs, avaient écopé respectivement de onze et douze ans de prison.
Dix-huit années de réclusion avaient également été requises contre Jean-François Deiss, dirigeant d'une société de conseil en immobilier d'entreprise. Accusé d'avoir géré l'aspect financier de l'enlèvement, il avait été finalement acquitté. Pour les trois autres co-accusés, les peines allaient de trois à six ans de prison.
C'est au petit matin du 12 septembre 2006 que Bernard Guiglion, alors P-dg de Sud-Est Environnement, et son épouse Catherine avaient été enlevés. Réveillé dans sa villa ce matin-là par les aboiements de son chien, monsieur ouvre la porte : c'est un groupe d'hommes qui entre et l‘agresse. Le patron azuréen se retrouve rapidement ligoté et bâillonné avec sa femme, à l'arrière d'un fourgon, en direction d'Andon, près de Grasse. C'est dans une maison isolée qu'ils subiront pendant 78 heures violences et menaces. Une agression sexuelle avec tentative de viol sera même perpétrée par l'un des malfaiteurs à l'encontre de Catherine Guiglion.

Deux semaines de procès
La rançon de 15 millions d'euros qu'exigeait Camel Ben Taïeb sera finalement ramenée à 4 millions. C'est en Suisse que le malfaiteur sera arrêté par les forces de l'ordre helvétiques, en compagnie de Jean-François Deiss dans les locaux du Crédit Suisse. Sur la Côte d'Azur, restés sous la garde de deux geôliers, les époux Guiglion étaient dans le même temps libérés par la police française, alertée par des amis du couple. A l'issue de deux semaines de procès, un nouveau verdict devrait être rendu le vendredi 16 décembre.