La grande bleue retrouve des couleurs

J. C. Magnenet

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Le mérou, qui avait quasiment disparu dans les années 80, réapparaît dans les eaux azuréennes.
Le mérou, qui avait quasiment disparu dans les années 80, réapparaît dans les eaux azuréennes. — BARIL-PBI / SIPA

«Quand le mérou va, tout va ! » Jean-Michel Cottalorda est biologiste marin au sein du laboratoire Ecomers, de l'Université Nice Sophia Antipolis. Et depuis quelques mois, l'expert constate le retour en Méditerranée de cette espèce de poisson pourtant menacée de disparition dans les années 1980. « Le mérou est en bout de chaîne alimentaire, explique le chercheur. Sa présence signifie que toutes les espèces sont bien représentées. » Une bête signe d'une bonne biodiversité marine, mais qu'on ne trouve malgré tout pas partout. « En une plongée, on peut croiser jusqu'à 200 mérous dans une aire marine protégée… mais difficilement plus de 5 ou 6 en dehors ! », détaille-t-il.

Fragiles hippocampes
Chasse et pêche sont interdites dans ces zones, qui permettent à la faune et la flore de se régénérer. Le département en compte trois, au large. La création de stations d'épuration des eaux usées n'est pas non plus étrangère à ce phénomène. « Grâce à ces mesures, on voit également réapparaître des grandes nacres. Ces coquillages qui dépassent parfois le mètre, peuvent vivre 45 ans et avaient presque disparu depuis une vingtaine d'années », sourit Jean-Michel Cottalorda. Le tableau n'est pas pour autant totalement rose. « Trop de chasseurs sous-marins pratiquent encore le braconnage et des espèces très fragiles, comme l'hippocampe, ne sont pas encore réapparues », conclut le biologiste.

Les assises commencent demain

Le centre de découverte du monde marin organise à partir de demain à la citadelle de Villefranche-sur-Mer les 12e Assises Jeunes Méditerranée consacrées à la gestion des pollutions. Des rencontres du réseau Euro-méditerranée articulées autour de trois jours de conférences et de débats animés par des experts.