« LA côte d'Azur n'est pas épargnée par la précarité »

Recueilli par J.C. MAGNENET

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« Nous recherchons des bénévoles.»
« Nous recherchons des bénévoles.» — J.C. MAGNENET / ANP / 20 MINUTES

Le taux de pauvreté a augmenté en France, selon les derniers chiffres publiés par l'Institut national de la statistique économique (Insee). Un phénomène qui touche aussi les Alpes-Maritimes, rappelle le secrétaire général du Secours populaire azuréen, Jean Marc Martoglio.

Le profil des personnes qui tapent

à votre porte a-t-il changé ?
Nous voyons arriver de plus en plus d'Azuréens qui ne sont pas en rupture sociale mais sont touchés par la précarité. Des salariés, ou parfois même des artisans, viennent susciter notre service d'aide alimentaire. Ces personnes ont un toit, mais vu le niveau des loyers dans le département, elles finissent par rogner leur budget dédié à l'alimentation. De plus en plus de jeunes étudiants et de retraités ont également du mal à joindre les deux bouts.
Comment évolue le niveau

de précarité ?
Il y a deux ou trois ans, on voyait arriver des Azuréens qui n'avaient plus les moyens de s'alimenter mais possédaient encore un abonnement internet, ou mobile. Nous prenions soin de leur expliquer qu'ils n'avaient pas vraiment bien géré leur budget. Aujourd'hui, on ne voit plus ce genre de cas, les gens ne se permettent plus ce luxe. La précarité est montée d'un cran.

Dans quelles zones du département fait-on le plus appel à vos services ?
Nous allons renforcer notre présence dans le haut-pays, où nous sommes confrontés à un phénomène nouveau. Certains Azuréens avaient décidé d'y vivre pour y payer un loyer moins cher, tout en travaillant sur le littoral. Ceux qui ont perdu leur boulot avec la crise se trouvent aujourd'hui isolés, enfermés d'une certaine manière dans le haut-pays, sans les moyens de se déplacer, sans opportunité d'emploi près de chez eux tout en étant socialement mal intégrés au sein de ces petites communes rurales.