La guerre des terrasses fait rage dans les rues de Nice

Aurélie Selvi et J. C. Magnenet

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Une soirée d'août, rue de la préfecture, dans le Vieux Nice. Il est 21 h, les terrasses des restaurants sont bondées. Débarquent alors fonctionnaires de police et agents des douanes, suivis d'une fourgonnette... pour embarquer tables et chaises empiétant sur l'espace public. « Des opérations comme ça, on en mène toute la saison », glisse un agent sur place. Dans le collimateur : bars, snacks et restaurants dont les tables dépassent du périmètre d'occupation du domaine public délivré par la mairie. « Certains n'ont même pas d'autorisation, note Mario Agneta, vice-procureur de la République à Nice. Cela fait trop longtemps qu'il y a des dérives, malgré la prévention. Il fallait prendre des mesures qui donnent des résultats immédiats », explique le magistrat, à l'origine de cette opération.

Une quinzaine de terrasses saisies
Composée de policiers, des services des douanes, de l'inspection du travail ainsi que d'agents municipaux, l'équipe a déjà mené cinq actions de ce type cet été, dont trois à Nice et deux à Menton. Récemment épinglé, ce patron d'une pizzeria proche de Rossetti s'est vu saisir sept tables. « Je ne les rajoutais qu'en été et ça me permettait d'embaucher un saisonnier. J'ai dû le licencier en attendant de recevoir mon amende... » glisse le commerçant « résigné ». Sur le cours Saleya, pétitions et articles de presse sont placardés à l'entrée du Flore, où la résistance s'organise. Depuis la réfection de la place Pierre Gautier, le resto a dû réduire sa terrasse. Il y a quelques jours, des tables et des chaises y ont aussi été saisies. « Le chiffre d'affaires a fondu de 35%, on est écœurés », glisse un membre de l'équipe. « Il ne s'agit que de faire respecter la réglementation, pas de faire du tort, nuance Benoît Kandel, premier adjoint au maire de Nice (UMP). D'autant, qu'en trois ans, la mairie a permis l'installation de 200 terrasses supplémentaires pour dynamiser l'activité ». Pour l'heure, une quarantaine de PV a été dressée, dont 15 ont entraîné une saisie. Des dossiers entre les mains du parquet, tandis que de nouvelles opérations pourraient bientôt être menées.

« Une réglementation à deux vitesses... »

« A Nice, tous les restaurateurs ne sont pas traités pareil ! C'est une réglementation à deux vitesses... » pestaient hier des commerçants de la vieille ville. En cause : le récent agrandissement des terrasses sur la rue Saint-François de Paule. « La largeur de cette rue piétonne le permet car les terrasses n'empêchent pas la circulation des véhicules d'urgence », indique la mairie.