Une serre pour lutter contre les bio-agresseurs

Jean Christophe Magnenet

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Huit compartiments sont isolés pour mener des recherches bien distinctes.
Huit compartiments sont isolés pour mener des recherches bien distinctes. — J. C. MAGNENET / ANP / 20 MINUTES

Utiliser moins de pesticides dans les cultures agricoles, c'est bien. Encore faut-il trouver des solutions pérennes et efficaces pour les remplacer. A Sophia Antipolis, des chercheurs de l'Institut national de recherche agronomique (Inra) étudient dans une nouvelle serre high-tech « hautement contrôlable » comment des petites bêtes, appelées auxiliaires, ou bio-défenseurs, « peuvent évoluer au mieux sur les plantes », explique Alexandre Bout, entomologiste à l'Inra. « L'utilisation de produits chimiques entraînait des écosystèmes simples, avec peu de parasites, détaille cet expert. En utiliser moins signifie le retour de ces bio-agresseurs en quantité plus importante. Ici, nous testons de nouvelles espèces d'auxiliaires pour lutter contre ces parasites et développer de nouvelles stratégies de protection qui tiennent dans le temps, économiquement viables et qui permettent de préserver l'environnement », ajoute-t-il.

« Flux d'air contrôlés »
Et c'est grâce à cette nouvelle « Mésocosme », bâtiment vitré à mi-chemin entre la paillasse de laboratoire et la serre classique, que les scientifiques de l'Inra peuvent mener des expérimentations très précises. « En légère sur-pression, nous disposons de huit compartiments avec un système de brumisation très fine, où la température et les flux d'air sont étroitement contrôlés », indique Alexandre Bout. Derrière ces parois vitrées, ce sont des plants de tomates qui dorment actuellement sous des drôles de moustiquaires. Les interactions entre des « auxiliaires » et des ravageurs comme le fameux Tuta absoluta, papillon mangeur de tomates, y sont observées. Des techniques qui, une fois validées, pourront être lancées in situ, dans les champs des agriculteurs azuréens, avec qui l'Inra collabore étroitement.