Un lieu de culte en suspens

Aurélie Selvi

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A dr., Me Lopez, avocate d'Al Baraka, pointe une atteinte à la liberté de culte.
A dr., Me Lopez, avocate d'Al Baraka, pointe une atteinte à la liberté de culte. — A. SELVI / ANP / 20 MINUTES

Quel avenir pour la salle de prière musulmane de la rue de Suisse ? Pour le savoir, l'association Al Baraka, responsable du lieu, avait rendez-vous hier matin au Tribunal administratif de Nice. Objectif : obtenir du juge des référés la suspension d'une décision de la ville, en date du 9 juin dernier, visant à préempter le local occupé depuis 11 ans par la structure cultuelle. « La municipalité utilise de faux prétextes, argue Me Laura Lopez, avocate de l'association. Elle invoque un projet de revitalisation du centre-ville mais rien n'est véritablement défini. On ne sait pas de quoi il s'agit ! », selon la magistrate, qui pointe une atteinte à la liberté de culte... et une « décision politique ».

Un lieu « déjà préempté en 2002 »
« Si Al Baraka avait voulu faire de ce local une crêperie ou une salle de gym, cela n'aurait rien changé, plaide de son côté Me Brigitte Neveu, avocate de la ville de Nice. La municipalité est déjà propriétaire des rez-de-chaussée adjacents. Il est de sa compétence de préempter pour réaliser des équipements collectifs ».
Présent dans la salle d'audience, le conseiller municipal d'opposition Abderrazak Fetnan (PS) y voit lui « une politique claire à l'encontre des lieux de culte musulmans, contraire aux engagements de Christian Estrosi [UMP] en 2007 ». Hier, le juge des référés a mis sa décision en délibéré. Elle pourrait intervenir d'ici à une semaine. « En 2002, la municipalité voulait déjà préempter le lieu pour en faire un local à poubelle. Le Tribunal nous avait donné raison. Inch'allah... », conclut Abdelamid Razzouk, président de l'association Al Baraka.