Un commerçant menace de s'immoler

Jean Christophe Magnenet

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Le commerçant a fini par sortir après plus d'une demi-heure de négociations.
Le commerçant a fini par sortir après plus d'une demi-heure de négociations. — J.C. MAGNENET / ANP / 20 MINUTES

Déploiement de forces hier sur le boulevard Jean-Jaurès. En milieu d'après-midi, pompiers et fonctionnaires de police ont dû intervenir dans le centre-ville de Nice pour déloger un commerçant, enfermé dans son magasin de chaussures, qui menaçait de s'immoler par le feu. « Ce sont des voisins qui nous ont alertés », précise un officier de police. Le groupement d'intervention de la police nationale (GIPN) est mobilisé vers 16h30. Egalement sur place, le député-maire de Nice, Christian Estrosi (UMP), démarre des négociations par téléphone.
Après de longues minutes, le premier magistrat finit par s'approcher de l'enseigne, encadré par les membres du GIPN, puis ouvre la grille et entre. Au terme de plus d'une demi-heure de discussions avec le maire, un commissaire de police et le chef du GIPN, le commerçant finit par sortir. Direction le CHU de Nice. « C'est un homme sous traitement, qui a poussé un appel au secours, commente Christian Estrosi. Nous avons réussi à lui faire entendre raison sans intervention musclée, ni promesses, si ce n'est que je suivrai personnellement son dossier », ajoute l'élu. Gérant de l'American Basket, boutique située au numéro 34 du boulevard, Eric Melloul connaît de sérieuses difficultés financières depuis de nombreuses années. « Je travaille pour lui depuis 2003, et on est passé de six employés à… moi tout seul, indique Keenan, sur les lieux. Il a une femme et deux enfants, et ils sont à deux doigts de se faire mettre à la porte de leur domicile », poursuit le jeune homme.
Depuis les travaux du tramway, le commerçant a engagé différentes procédures auprès du tribunal administratif pour être mieux indemnisé. « Son local appartient à la ville, et il a une dette de plus de 30 000 €, indique-t-on du côté des services municipaux. Il ne paie plus de loyers depuis plusieurs années, mais on ne peut pas l'expulser car une procédure judiciaire est en cours… »

« J'ai été manipulé »
Après avoir affiché de grandes pancartes sur son enseigne mettant directement en cause les maires successifs de la ville, Eric Melloul a tenté de reconvertir son magasin de chaussures en brasserie. « Nous n'avons pas pu pour l'instant accepter, vu qu'il ne nous a pas fourni les justificatifs nécessaires », ajoutent les services de la ville. « Le maire n'y est pour rien, j'ai été manipulé », a lâché le forcené, avant son départ pour le CHU. « Suivant son état de santé, il pourra être par la suite auditionné, mais aucune mise en garde à vue n'est envisagée pour l'instant », précisait à l'issue des opérations un membre du parquet du tribunal de Nice.