Une policière de Cagnes-sur-Mer se suicide en service

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C'est avec son arme de service qu'elle s'est tirée une balle en plein cœur. Hier matin, une demi-heure après avoir pris son service, une fonctionnaire de police de 39 ans, rattachée au commissariat de Cagnes-sur-Mer s'est suicidée à Villeneuve-Loubet, dans un véhicule de la police nationale. Dans une lettre laissée dans la voiture, « elle dénonce la pression du chiffre, des statistiques et bannit la culture du résultat qu'on lui impose dans ses missions », indique Laurent Martin de Fremont, délégué SGP-Unité Police dans les Alpes-Maritimes. Son chef de service serait également mis en cause dans cette dernière missive. Affectée à l'identité judiciaire de la cellule anti-cambriolage, qui se charge notamment de faire les premières constatations et des enquêtes de voisinage, « elle vivait mal ses nouvelles fonctions au sein de ce service », ajoute le syndicaliste.

« La hiérarchie alertée »
« Nous avions déjà alerté notre hiérarchie sur des problèmes de management au sein de ce commissariat », complète Frédéric Guérin, secrétaire général départemental du syndicat SGP-Unité police. « Des problèmes de management, il y en a eu ici comme dans toutes structures qui gèrent du personnel, mais rien de grave jusqu'à présent », assure de son côté un officier de police.

« Une vie heureuse, avec des projets »

En couple avec un fonctionnaire de police, sans enfant, « elle était heureuse dans sa vie privée », soutient Laurent Martin de Frémont, pour qui « ce geste est uniquement dû à son travail ». « De nombreux facteurs interviennent toujours dans ce genre d'actes, il est difficile d'être si affirmatif », rappelle de son côté un supérieur hiérarchique.