Christian Iacono recouvre la liberté

À Grasse, Aurélie Selvi

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Accueilli à sa sortie par ses proches dont sa femme, son frère, sa belle-soeur et deux de ses petits-enfants, Christian Iacono enlacera longuement sa fille, Cécile.
Accueilli à sa sortie par ses proches dont sa femme, son frère, sa belle-soeur et deux de ses petits-enfants, Christian Iacono enlacera longuement sa fille, Cécile. — A. SELVI / ANP / 20 MINUTES

«Qu'est ce que ça fait plaisir de vous voir ! » La mine fatiguée mais le sourire aux lèvres, il est 14h45, quand Christian Iacono franchit la porte de la maison d'arrêt de Grasse pour retrouver ses proches. « Je suis trop ému, on parlera plus tard... », la voix vacillante, l'ex-maire de Vence tombe dans les bras de sa fille Cécile, en larmes. Trois heures et demie plus tôt, la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence lui accordait sa remise en liberté. Une demande formulée après la rétractation, en mai, de son petit-fils Gabriel, qui l'accusait de viol depuis 11 ans.

« Maintenant, j'y crois... »
Mais les retrouvailles entre le grand-père et son petit-fils devront attendre. Placé sous contrôle judiciaire, Christian Iacono a l'interdiction de voir Gabriel, qui réside désormais dans les Alpes-Maritimes. « Je suis soulagé et déçu à la fois, confiait le jeune homme de 20 ans, hier matin. J'aurais voulu le prendre dans mes bras, m'expliquer avec lui. »
Cette libération est-elle la fin d'un long feuilleton judiciaire ? « C'est une infinie satisfaction mais la marche vers l'innocence n'est pas finie », prévient Me Gérard Baudoux, l'un des avocats de Christian Iacono. Après sa condamnation en appel le 23 février dernier à 9 ans de prison, l'ancien élu s'était pourvu en cassation. C'est donc à cette cour qu'il appartient de trancher, dans un délai non fixé. Si l'instance judiciaire casse l'arrêt d'assises de la cour d'appel, un nouveau procès aura lieu. Dans le cas contraire, la défense de Christian Iacono peut réclamer un procès en révision. Une procédure qui s'annonce dans tous les cas longue et complexe. « C'est l'innocence et la vérité qui doivent l'emporter, mais on est sur le bon chemin. Maintenant, j'y crois... », glissait hier Christian Iacono avant de filer vers Vence, la ville dont il fut maire pendant 13 ans.