Le tram niçois en quête de tranquilité sur ses voies

Aurélie Selvi et Jean Pallanti

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A 30km/h, un tram freine sur 30 à 40m.
A 30km/h, un tram freine sur 30 à 40m. — A. SELVI / ANP / 20 MINUTES

Un véhicule de police, celui d'un touriste suisse égaré, une quinzaine de vélos et un deux-roues en plein demi-tour... En 30 minutes, c'est le défilé que l'on pouvait observer hier midi sur les rails du tram, près de l'arrêt Masséna. « Depuis le début de l'année, le phénomène s'est aggravé, selon les conducteurs », note Yvan Ricci, responsable du pôle formation à la ST2N.

Une soixantaine de PV dressés
Conséquence : la ville verbalise depuis trois semaines les deux-roues qui circulent sur les voies. A ce jour, une soixantaine de PV à 90€ a été dressée, principalement à l'encontre de cyclistes. « Pas pour le plaisir, mais pour éviter de les mettre en danger ainsi que les passagers des rames. A 30 km/h, vitesse fréquente d'un tram, sa distance de freinage va de 30 à 40 mètres », explique Benoît Kandel, 1er adjoint au maire de Nice en charge de la sécurité. « Les effets de cette mesure commencent à se faire nettement sentir », souligne Yvan Ricci.
La plateforme niçoise n'est pourtant pas 100% interdite aux véhicules. Outre les 21 rames, la police (nationale ou municipale) et les pompiers peuvent l'emprunter, à condition d'avoir activé leur gyrophare deux tons (voire encadré). Des exceptions sont aussi faites sur des courtes distances pour les véhicules du nettoiement ou les livraisons. « Mais le principal problème reste les piétons qui traversent n'importe où », déplore Gérard Giordana, secrétaire général de la CGT-ST2N.

Un policier relaxé

C'était en octobre 2009. Au volant d'un véhicule d'intervention, un policier national circulant sur les voies du tram avait percuté et blessé un conducteur de scooter qui passait au feu vert. Jugé en correctionnel, le fonctionnaire a été relaxé hier. « Le tribunal a estimé qu'il n'avait pas commis d'imprudence », note son avocat.