Quand l'eau du robinet produit de l'électricité

Jean Christophe Magnenet

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L'eau potable arrive par l'un des tuyaux bleu clair, entraîne la turbine bleu foncé, puis repart dans l'autre tuyau.
L'eau potable arrive par l'un des tuyaux bleu clair, entraîne la turbine bleu foncé, puis repart dans l'autre tuyau. — J.C. MAGNENET / ANP / 20 MINUTES

A Nice, avenue Brancolar, un léger vrombissement passe au travers d'une grande porte blanche. Derrière, une drôle de machine bleue. « C'est une micro-turbine », explique Benoît Le Falher, directeur d'exploitation de Veolia Eau. D'un côté de l'eau potable, traitée en amont à l'usine de Super-Rimiez, arrive par un gros tuyau. Elle en ressort intacte, dans une autre canalisation, mais après avoir fait tourner cette turbine qui produit de l'électricité. « L'usine d'eau potable est située à 220 m d'altitude », détaille le dirigeant. « L'eau descend en ville : la gravité entraîne forcément une pression dans les tuyaux, raconte-t-il. A partir de 1999, nous avons tenté de trouver un moyen d'utiliser cette énergie naturelle ». Et après 9 ans de démarches administratives, cette turbine en inox inédite a pu être implantée sur le réseau d'eau potable niçois. « Une première en France ! sourit Benoît le Falher. Deux autres turbines ont depuis été installées, dont la dernière route de Turin, en décembre dernier ». Un investissement total qui dépasse 1,5 million d'euros. De quoi produire au total 5 millions de KW/h par an, revendus à EDF. « Une fois amorties, dans environ 5 ans, ces installations, qui génèrent plus de 400 000 € de revenus annuels, reviendront à Nice Côte d'Azur », précise le directeur.
De son côté, la communauté urbaine compterait faire tourner une quatrième turbine avec l'eau brute évacuée du trop-plein de Super Rimiez, selon Benoît Le Falher. De quoi au total produire l'équivalent de la consommation électrique annuelle de l'usine d'eau potable de Nice, « tout de même l'une des plus grosses structures de ce type dans tout le Sud-Est ».