Les poissons cannois se mettent au bio

ilan Malka

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C'est au petit matin que les poissons sont nourris dans la ferme aquacole cannoise.
C'est au petit matin que les poissons sont nourris dans la ferme aquacole cannoise. — ILAN MaLKa / ANP / 20 MINUTES

Non, il n'y a pas que les yachts de luxe et les amateurs de jet-ski qui squattent les eaux de la baie de Cannes. On y trouve aussi... des fermiers ! Loin des paillettes de la Croisette, quelques azuréens prennent la mer chaque jour pour venir surveiller, contrôler et bien sûr nourrir des poissons certifiés 100% bio.
Ce matin-là, il n'est que 6h lorsque les employés de Cannes aquaculture se lancent dans une pêche miraculeuse. Loups, daurades, maigres...Parqués dans leurs enclos, les poissons sont recueillis et immédiatement plongés dans de l'eau glacée pour optimiser leur conservation. Ainsi démarre la « chaîne du froid ». Ramenés à terre, les voilà conditionnés dans une salle spécialisée puis placés dans des caisses. Ils seront expédiés dans la foulée, avant le fin de la journée.

Un business qui marche
Mais pour élever du poisson estampillé « agriculture biologique » un cahier des charges strict est à respecter. Pas de stress, ni de maladies. La production est répartie sur cinq fermes. Le site de la Figueirette joue les rôles de crèche, et accueille les alevins. Lorsque le poisson pèse un gramme et demi, il est transféré à Golfe Juan, aux Iles de Lérins ou encore au large du cap d'Antibes, et finit de grandir toujours en eau de mer, dans des filets. Au bout de deux ans, il peut alors être pêché.
L'aquaculture, un business peu connu sur la Côte d'Azur et qui marche pour Cannes Aquaculture. Fondée en 1988 par un retraité passionné par la mer qui « cultivait » modestement 30 tonnes de poisson par an, cette affaire emploie aujourd'hui 70 personnes et produit 800 tonnes chaque année (dont 50% de « bio »), écoulées en Italie, en Suisse et jusqu'en Allemagne.

Concurrence

L'élevage halieutique reste très limité dans les Alpes-Maritimes. Seuls deux autres exploitants tiennent des « parcs à loups ».