Un tunnel payant de Nice à Villefranche

Aurélie Selvi

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A Nice, le tunnel partira de Pont Michel, un quartier engorgé par une forte circulation.
A Nice, le tunnel partira de Pont Michel, un quartier engorgé par une forte circulation. — A. SELVI / ANP / 20 MINUTES

Finis les bouchons interminables sur les trois corniches ? C'est en tout cas la promesse d'un vieux serpent de mer : un tunnel qui relierait Nice-Est à Villefranche. Longtemps évoqué, le projet a ressurgi la semaine dernière... en pleine campagne des élections cantonales. C'est décidé, Nice Côte d'Azur a même arrêté son choix sur un tracé. Côté capitale azuréenne, l'ouvrage d'art, long de 2 850 m, partira de Pont Michel, dans le prolongement de la pénétrante du Paillon, pour ressortir dans le vallon de Malariba, sur la basse corniche, à l'Est de Villefranche. But de la manoeuvre : désengorger de moitié un axe emprunté chaque jour par 40 000 véhicules. Le tout pour un tarif d'entrée à 1€, avec possibilité d'abonnement.

63 millions le kilomètre
A Pont Michel, il y a les sceptiques, comme Mohammed : « Un tunnel pour 2018, je m'en fiche. Ici, la préoccupation, c'est le logement, le travail », tacle ce trentenaire de Bon Voyage. Et les impatients, comme Michèle : « Si ça se fait, ça sera un plus. Ici, il y a vraiment trop de voitures, regardez ! », lance cette Niçoise.
« Il est temps que ça se concrétise, la situation est complètement saturée », souligne quant à lui Gilbert Borfiga, président du comité de quartier 2 corniches et environs, qui milite depuis 5 ans pour ce projet, avec une douzaine d'autres comités. Seule interrogation : à Nice, l'entrée arrivera-t-elle à capter les véhicules sortant de la voie Mathis à Malraux ? « C'est le point noir du tracé. Il faudra veiller à déplacer ce flux via la pénétrante du Paillon, sans quoi le tunnel ne servira pas à grand chose », met en garde Gilbert Borfiga.
Une chose est sûre, les automobilistes ne devront pas être pressés. Tout juste lancé, le projet n'en est pour l'heure qu'aux études préalables et à l'évaluation du partenariat public-privé, qui en assurera la gestion et le financement. Une addition salée qui approche les 179,4 millions d'euros TTC... soit environ 63 millions le kilomètre. Début des travaux prévu en 2016 pour une livraison deux ans plus tard.