Les socialistes tirent les leçons du scrutin

A. Selvi et J. C. Magnenet

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Dans le 14e canton, l'UMP a pris le fauteuil du sortant PS.
Dans le 14e canton, l'UMP a pris le fauteuil du sortant PS. — J.C. MAGNENET / ANP / 20 MINUTES

«Touché mais pas coulé », l'adage semble primer au parti socialiste (PS) azuréen. Après le douloureux verdict des urnes, l'heure est au bilan... « mais pas à la crise », assure un observateur local. « Il faut être honnête, nos objectifs ne sont pas atteints et c'est une grosse déception », admet un militant. Exit en effet les espoirs de Patrick Allemand, président de la fédération azuréenne, qui souhaitait « gagner trois cantons ». A l'inverse, dimanche soir, le PS a perdu un bastion, le 14e canton de Nice, tombé dans l'escarcelle de l'UMP.
Un territoire où la stratégie d'union de la gauche avait pourtant joué à plein... sur le papier. « Certes, les autres partis ont souvent fait alliance avec le PS, mais ils n'ont pas mobilisé de militants sur le terrain. Résultat, l'union n'était pas très lisible », note Raphaël, qui milite « depuis des mois » à Nice Ouest. « On a additionné les logos, pas les électeurs », confirme une source interne.

« Le FN nous a fait mal »
Dans le département les résultats vont donc à contre-courant de la tendance nationale. A l'issue du scrutin, l'UMP azuréenne obtient 21 sièges, sur les 26 renouvelables. Pas de quoi alarmer Marc Concas, l'un des deux derniers conseillers généraux socialistes des Alpes-Maritimes. « La victoire de l'UMP est un trompe-l'oeil, pointe l'élu. Si l'union avait joué dans le 7e et le 11e cantons niçois, ses candidats n'auraient pas atteint le second tour», avance l'avocat. Cette défaite, c'est aussi la faute à l'extrême droite explique un socialiste : « En Paca, le FN est très fort. Il nous a mis à mal en siphonnant même une partie de notre électorat populaire ». La stratégie de Patrick Allemand et son leadership à la tête du PS azuréen ne semblent donc pas remis en cause.
« De toute façon, vu le très faible taux de participation, ces résultats ne sont pas vraiment significatifs, nuance quant à lui Christian Bidégaray, professeur en science politique. Ils traduisent plus un désintéressement des électeurs pour la chose politique ».