Proviseurs et principaux s'inquiètent

J. C. Magnenet

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Les lycéens azuréens sont en moyenne 35 par classe, selon les proviseurs du SNP DEN.
Les lycéens azuréens sont en moyenne 35 par classe, selon les proviseurs du SNP DEN. —

«Si nous nous mobilisons, c'est que la situation devient vraiment grave. » Les proviseurs et principaux des collèges et lycées de l'académie de Nice ont lancé hier un « cri d'alarme ». En cause, les moyens alloués à l'éducation nationale. « Cette rentrée se fera déjà avec 239 postes en moins, répartis à 50/50 entre le Var et les Alpes-Maritimes », rappelle Alain Dani, secrétaire académique du SNP DEN, syndicat « largement majoritaire » parmi les personnels de direction, selon lui. « Nous redoutons surtout la poursuite de cette politique sur 2012 », détaille le fonctionnaire, également proviseur du lycée Renoir de Cagnes-sur-Mer.

Les lycées pro en difficulté
« En moyenne, 5 postes seront cette année supprimés par établissement dans le département, ce qui rend la situation compliquée à gérer, puisque notre académie affiche déjà l'un des plus bas taux d'encadrement du pays, juste avant la Réunion », argue Joël Mathieu, principal du collège niçois Jean Rostand. C'est le fonctionnement de la trentaine de lycées professionnels de l'académie, où les dispositifs d'accompagnement sont le plus développés, qui cristallise les inquiétudes. « La réforme des lycées, que nous avons approuvée, va finir par être difficile a mettre en oeuvre », grincent ces dirigeants. Pas de problème juge de son côté le recteur. « Nous disposons des moyens suffisants », assure Claire Lovisi. « On peut toujours regrouper des groupes d'élèves et gonfler les classes, répond Alain Dani. Mais nous sommes au final en train de détruire une qualité d'enseignement que nous avons mis des dizaines d'années à construire, avec à la clé la multiplication des décrochages scolaires ».
«Il faut bien réduire la dette publique, mais l'éducation n'est selon nous pas la bonne variable d'ajustement », martèle Joël Mathieu, qui conclut : « Nous voulons avant tout alerter les parents d'élèves et les élus locaux, alors que le budget 2012 est en train d'être bouclé. » Ces personnels de direction n'étaient pas sortis de leur réserve depuis plus de vingt ans.