Une rame « réquisitionnée » par les forces de l'ordre

Aurélie Selvi et J.C. MAGNENET

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Le TER est parti de la gare de Cannes.
Le TER est parti de la gare de Cannes. — ARCHIVES ANP / 20 MINUTES

«Le service public doit répondre aux besoins des usagers. Pas servir le ministère de l'Intérieur en cautionnant des convois de reconduite à la frontière ». Cheminot à Nice et représentant CGT, Mickaël Albin ne décolère pas. En cause : une rame de TER aurait été « réquisitionnée » hier matin en gare de Cannes par les forces de l'ordre, pour reconduire des clandestins afghans en Italie. « La contrôleuse a été avisée par 7 agents, sans ordre de réquisition. Ils ont vidé une rame pour y faire monter des personnes à amener à Vintimille », détaille le syndicaliste.

« Des pratiques fréquentes »
Les migrants (une quarantaine selon les cheminots, 20 selon la préfecture) descendront finalement à Menton. « Les policiers n'étant pas habilités à les encadrer jusqu'en Italie, les agents SNCF ont refusé d'aller plus loin », précise Mickaël Albin. « Le train n'a pas été réquisitionné, et les agents SNCF n'ont pas été sollicités. Les personnes ont été conduites à la frontière par la police aux frontières pour être remis aux autorités italiennes, ainsi qu'ils sont habilités à le faire », indiquait hier soir la préfecture. « Ce genre de choses arrive fréquemment. Les cheminots sont irrités par les contrôles permanents en gare, du faits de l'afflux de migrants », indique une source policière. Du 1er février à début mars, environ 480 personnes ont été interpellées dans les Alpes-Maritimes et reconduites à la frontière, selon la même source. Hier soir, la région, autorité organisatrice des TER, a dénoncé « des pratiques inacceptables ».

« Des explications »

Hier, la direction de la SNCF n'a pas souhaité réagir. Selon une source interne, l'entreprise publique « n'était pas au courant de l'action des forces de l'ordre ». La CGT cheminot azuréenne réclame à la société « des explications publiques ».