Les raquettes, un succès dangereux

Aurélie Selvi

— 

Avant une randonnée en raquettes, mieux vaut se renseigner sur la météo.
Avant une randonnée en raquettes, mieux vaut se renseigner sur la météo. — WIDMANN / TPH / SIPA

Plus loin, plus haut, plus risquées... Les randonnées en raquettes seraient-elles victimes de leur succès ? Cet hiver, dans les montagnes azuréennes, l'engouement pour cette pratique a souvent fait les frais d'un manque de sécurité. « Le phénomène prend une expansion folle. Le problème, c'est que les gens se disent qu'il suffit de savoir marcher pour les chausser et finissent par faire un peu n'importe quoi », souligne Lucien Beranger, guide dans le Mercantour depuis trente ans.

« Méconnaissance des risques »
Un constat partagé par les services de secours. Depuis le début de l'année, les CRS ont ainsi mené 27 opérations de sauvetage, dont 15 % concernaient des promeneurs en raquettes. « Ce sport est victime de son image, cool et familiale, explique le capitaine Austruy, commandant de la section CRS montagne. Contrairement au ski de randonnée, ses pratiquants n'ont tous pas intégré les règles de sécurité de base et s'aventurent souvent sans accompagnateur ». En fin d'année, ce fut le cas d'un groupe de scouts en raquettes et baskets, sauvés en pleine nuit à 2 800 mètres d'altitude... « Un drame évité de justesse », se souvient le capitaine. La semaine dernière, un marcheur autrichien plus expérimenté s'était quant à lui fait piéger par le mauvais temps et avait passé une nuit glaciale dans le massif de Gréolières.
« Les randonneurs en raquettes méconnaissent souvent les risques. En altitude, ils sont, par exemple, eux aussi exposés aux avalanches », met en garde le capitaine Naffrechoux, commandant du peloton de gendarmerie de haute montagne, qui a effectué 16 sauvetages depuis le début 2011. Parmi les réflexes-clés : prévoir des vêtements chauds, des chaussures adaptées, regarder la météo et toujours informer un proche de son itinéraire.