Nice n'aura pas de grande mosquée

Alexis Lucchesi et J.C. Magnenet

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Vendredi dernier, à Nice, quartier de l'Ariane, la mosquée Ar-Rahma était pleine à craquer.
Vendredi dernier, à Nice, quartier de l'Ariane, la mosquée Ar-Rahma était pleine à craquer. — J.C. MAGNENET / ANP / 20 MINUTES

Vendredi, jour de la grande prière pour les musulmans. Dans le quartier de l'Ariane, à Nice, certains n'auront d'autre choix que de pratiquer leur foi sur le macadam, devant une mosquée Ar-Rahma pleine à craquer. « Il n'y a pas assez de place, nous sommes obligés de sortir des tapis dehors », déplore Karim, un jeune pratiquant. C'est pour les mêmes raisons, dans le centre-ville, que, depuis des années, la rue de Suisse se retrouvait bloquée quelques heures le vendredi... jusqu'à la semaine dernière. « Des bus ont dorénavant été mis en place pour amener le surplus dans un autre lieu de prière, quartier de la Madeleine », explique Hamid Soussani, vice-président de l'association Al-Baraka. Une solution « d'apaisement », mais provisoire.

« Pas de demande »
Le maire de Nice (UMP), qui s'est déclaré sur son site Web en faveur « de l'interdiction totale de prier dans la rue », ajoute « qu'il faut alors favoriser la présence de lieux de culte en nombre suffisant ». Accompagner la construction d'un « lieu central de prière », comme Christian Estrosi l'avait un temps évoqué, n'est en revanche plus à l'ordre du jour. « Les représentants des deux obédiences de la communauté musulmane niçoise ne formulent pas cette demande », assure-t-il. Exit, donc, le projet de grande mosquée niçoise.
La municipalité privilégie plutôt l'extension de certains lieux de culte : la mosquée Ar-Rahma et le local de la rue de Suisse. « Ce ne doit pas être une excuse pour éviter de construire une grande mosquée », grince Hamid Soussani. « Il n'y a de toute façon pas assez de bâtiments pour les 50 000 musulmans que compte Nice », juge de son côté Mahmoud Benzamia, qui travaille sur un projet de mosquée dans la plaine du Var. « C'est un jeu de dupes, tance Abderrazak Fetnan, conseiller municipal d'opposition (PS). Christian Estrosi profite des désaccords au sein de la communauté musulmane locale ». « Le dialogue est ouvert avec les représentants des différentes obédiences. Je ne peux pas être plus royaliste que le roi », tranche le maire.