Les lycéens s'enflamment dans les rues

Aurélie Selvi et J.C. MAGNENET

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Au plus fort de la mobilisation, plus de 2 000 lycéens ont défilé dans le centre de Nice.
Au plus fort de la mobilisation, plus de 2 000 lycéens ont défilé dans le centre de Nice. — A. SELVI / ANP / 20 MINUTES

Ils n'ont pas fini de faire parler d'eux. Hier, les lycéens azuréens ont multiplié les actions « coup-de-poing » contre la réforme des retraites. Dès 8 h, l'accès à une dizaine d'établissements du département a été perturbé voire bloqué par des élèves. « On sera bientôt sur le marché du travail et on ne veut pas travailler plus longtemps », se justifiait l'un d'entre eux, devant l'entrée du Parc Impérial.
En milieu de matinée, c'est une déferlante de jeunes qui débarque dans le centre-ville de Nice. Une manifestation sauvage qui attire, au plus fort de la mobilisation, près de 2 000 lycéens.

« On n'est pas manipulés ! »
« On n'a prévenu personne. L'info a tourné par SMS », expliquent deux élèves des Palmiers. Formé vers 11 h place Masséna, le cortège désordonné investi les rails du tram et part vers Garibaldi. En tête, Pauline et Camille sont fières d'avoir réussi « l'exploit » de bloquer le lycée Masséna. « Il paraît que ça ne s'était pas vu depuis 68 », lancent les deux copines sur le pied de guerre « depuis 7 h du mat'». Kety et Emma, elles aussi, se sont levées tôt pour fabriquer une banderole. « Les jeunes ont le droit de s'exprimer. On n'est pas manipulés ! » s'énerve l'une d'entre elles.
Sur Carabacel, les esprits s'échauffent et des cailloux fusent en direction des policiers. De retour à l'arrêt de tram Masséna, une poignée de jeunes déniche une tête de carnaval à l'effigie de Nicolas Sarkozy, la roue de coups et la brûle. Vers 13 h, c'est l'heure de la dispersion. « Mais on reviendra demain », assure Nicolas. Aujourd'hui, un nouveau défilé de jeunes est prévu à 11 h place Masséna, encadré cette fois par des organisations syndicales.