La nouvelle pédiatrie niçoise a les nerfs à vif

Aurélie Selvi

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L'affluence aux urgences pédiatriques a augmenté de 70 % depuis la fusion CHU-Lenval.
L'affluence aux urgences pédiatriques a augmenté de 70 % depuis la fusion CHU-Lenval. — A. SELVI / ANP / 20 MINUTES

Attention, hôpital sous tension. Deux mois après la fusion de la pédiatrie du CHU niçois de l'Archet avec celle de la fondation privée Lenval, le mariage est loin d'être un conte de fées. « Nous sommes face à un vrai problème de management, avoue sans détour Bernard Lecat, directeur de Lenval et administrateur du groupement. Le changement est lourd : les anciens de Lenval se sentent envahis, les 200 professionnels venus du CHU rejetés et mal accueillis ».

Des piles de dossiers entassés
C'est le cas de Sandra, secrétaire médicale et « ex-Archet 2 ». « J'ai l'impression qu'on ne nous fait pas confiance. Ce sont des petits détails mais ça pèse sur le moral ». Dans son nouveau bureau, la jeune femme a changé ses habitudes et cohabite avec « des piles de dossiers ». « La paperasse est devenu un gros problème depuis ce regroupement », explique Eliane Dorrington-Niblett, directrice des soins infirmiers. Pas informatisés, les innombrables dossiers médicaux du CHU n'ont pu être tous rapatriés à Lenval. Résultat : « des chauffeurs font des aller-retour à l'Archet deux fois par jour pour récupérer des documents qui s'entassent, faute de place », déplore la responsable. Ça coince aussi en consultations médicales. Aujourd'hui, une quarantaine de pédiatres y officient contre 7 avant le regroupement. Des arrivées qui ont fait exploser l'attente pour la prise de rendez-vous téléphonique...

« Un nouveau projet médical »
Cette fusion, c'est aussi des naissances, comme celle d'un service de médecine tout neuf, doté de 26 lits et de 2 salles de soins. Sylvie Chavigny, ancienne cadre au CHU, en a pris les rênes... mais plus pour longtemps. « Ce groupement, j'y croyais à 100 % mais le choc des cultures est trop dur », glisse-t-elle émue, en confiant « chercher ailleurs ». Une hémorragie que la direction espère endiguer dès le début 2011 en élaborant un « nouveau projet médical de la pédiatrie niçoise ». « Pour que chacun se sente enfin chez soi dans la maison commune », conclut Bernard Lecat.

C'est nouveau

L'association des Dames de Lenval, qui récolte des fonds pour l'hôpital lors d'un gala annuel, vient de permettre au service de médecine pédiatrique de se doter de centrales de surveillance. Un dispositif qui regroupe sur grand écran, dans les deux postes de garde des infirmières, toutes les informations des moniteurs et capteurs reliés aux petits patients. La Fondation Lenval inaugure aussi aujourd'hui son école de puériculture, qui formera en 10 mois des personnels spécialisés dans la petite enfance.