Les voitures en double file dans le viseur

Jean Christophe Magnenet

— 

C'est officiel : à partir du 1er novembre, les caméras de vidéo-surveillance installées à Nice vont servir à verbaliser les véhicules stationnés de manière « anarchique » sur la voie publique. Pour changer les comportements des automobilistes, la ville de Nice a choisi de taper là où ça fait mal : le porte-monnaie.
Depuis le centre de supervision urbain (CSU) qui centralise sur des écrans géants les images des quelque 600 caméras niçoises, les policiers municipaux auront la tâche de détecter les véhicules mal garés.

Une période d'information
Pour constater l'infraction, deux photos seront prises de l'immatriculation du véhicule, en début et en fin de stationnement. Une fois le PV de contravention dressé et l'officier du ministère public informé, il sera envoyé au propriétaire de la carte grise de la voiture. Simple comme une lettre à la poste... Il restera ensuite à l'automobiliste à régler les 35 € d'amende.
Ce dispositif sera dans un premier temps déployé sur trois axes de circulation : le boulevard Carlone, le boulevard Gambetta (de la rue de France à la prom') et l'avenue de Verdun (entre la place Masséna et la rue Paradis).
Pour que les automobilistes puissent prendre le pli sans directement passer à la caisse, une période « d'information préventive » est lancée jusqu'au 31 octobre. Jusqu'à cette date, les amateurs de stationnement en double file repérés recevront un courrier leur signalant leur infraction, sans être verbalisés.

Des avis partagés
« Il était temps de faire quelque chose, sourit Irène, sexagénaire du quartier Caucade. Les voitures sont parfois tellement mal garées que les bus ne peuvent plus se croiser. » « C'est juste pour faire du fric, grince de son côté un commerçant de l'avenue de Verdun. Ces caméras, c'est dans l'air du temps, mais il suffirait qu'il y ait plus de policiers...» « Il a trop de double-file », confirme Nabil, qui habite « sur Gambetta ». « Mais régler cela à coups d'amendes, je ne sais pas si c'est la bonne solution », tempère ce Niçois de 33 ans, qui rappelle qu'« il y a trop peu de places gratuites dans le centre ».

En chiffres

12 000 véhicules se sont retrouvés à la fourrière depuis le début de l'année, selon la municipalité.68 000 procès-verbaux ont été dressés pour stationnement anarchique (double-file, passages piétons…), toujours depuis le début de l'année et selon la ville de Nice.