L'impasse d'une famille tchétchène

Aurélie Selvi

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Près d'une dizaine d'enfants immigrés seraient  encore détenus à Marseille, selon Michel Abada.
Près d'une dizaine d'enfants immigrés seraient encore détenus à Marseille, selon Michel Abada. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

Retour à la case départ pour Milana. Arrêtée à Nice dans l'enceinte de la préfecture jeudi dernier alors qu'elle venait s'y renseigner pour un logement, cette demandeuse d'asile tchétchène avait été conduite au centre de rétention de Marseille avec ses deux enfants. Une arrestation « déloyale », selon le juge de la liberté et de la détention de la cité phocéenne qui a décidé samedi de leur remise en liberté. « Cette personne a déjà fait une demande d'asile en Autriche. Les accords de Dublin imposent donc de la réadmettre dans ce pays », se défend la préfecture des Alpes-Maritimes qui assurait toutefois hier « respecter la décision de la justice ».

Scénario à répétition ?
Reste à savoir quel avenir attend la mère de famille et ses deux garçons, dont le plus grand (5 ans) devrait faire son retour sur les bancs d'une école niçoise ce matin. « Ils ont été hébergés chez des amis ce week-end. Des démarches seront engagées dès aujourd'hui auprès des services sociaux pour leur trouver un toit », explique Michel Abada, porte-parole des Enfants de Don Quichotte à Nice qui s'indignait hier que « l'on puisse mettre des enfants en prison ». De son côté, la mère de famille aurait l'intention de refaire une demande d'asile. « Elle reste sous le coup d'un arrêté de réadmission en Autriche », précisait-t-on hier soir à la préfecture.

En chiffres

Selon la préfecture, 1 200 dossiers de demande d'asile seraient en cours de traitement dans les Alpes-Maritimes. Seul un tiers aboutirait à l'obtention du statut de réfugié politique.