Des bénévoles indispensables

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Jean-Michel avec son aspirateur à insectes.
Jean-Michel avec son aspirateur à insectes. — J. C. MAGNENET / ANP

Jean-Michel racle le sol avec son piolet et pose un tas de terre et de feuilles mortes sur son gros tamis. Il secoue le tout, récupère ce qui en tombe sur un drap et verse cet échantillon dans un sac. Au pied d'une petite grotte, dans les gorges de Paganin à deux pas de Tende, cet Azuréen de 65 ans vient d'effectuer un « prélèvement » qu'il traitera à la maison. Il fait partie de la centaine d'amateurs spécialistes et passionnés qui apportent leur pierre à cet édifice scientifique.
« Au premier coup d'oeil, on ne voit rien. C'est en étudiant les organes copulateurs qu'on distingue les différences », explique le retraité. Chez lui, il décortique ses trouvailles à la loupe binoculaire puis dépose ses observations sur la plate-forme géante mise en place sur Internet pour mutualiser les découvertes de chacun. Un travail de fourmi qui lui a notamment permis d'identifier une nouvelle espèce de charançon, « grise mouchetée et pas plus grande que 3 mm », qu'il a pu lui-même baptiser... « Sur le coup, on est vraiment content, explique cet ancien mathématicien. Mais attention, prévient-il, je ne suis pas un collectionneur d'insectes ! Ce hobby, c'est comme lire un livre, mais en mieux, car le cas d'espèce est sous nos yeux ! »J.C. M.