Le Mercantour poursuit son grand inventaire

Jean Christophe Magnenet

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La localisation de cet hydromante endémique des Alpes-Maritimes est aussi étudiée.
La localisation de cet hydromante endémique des Alpes-Maritimes est aussi étudiée. — J. C. MAGNENET / ANP

C'est un vrai périple mené dans le grand bazar de la nature. Depuis 2006, le parc national du Mercantour a décidé d'explorer la biodiversité foisonnante de ses montagnes. De mai à septembre, des équipes de professionnels ou d'amateurs, tous passionnés, débarquent des quatre coins d'Europe pour prélever des insectes, mousses ou champignons et classer tout ce petit monde. Un « inventaire biologique généralisé ».

Un dizaine d'espèces découvertes
« Cette démarche était alors la première en Europe », rappelle Marie-France Leccia, en charge du projet. Avec à la clé la découverte de nouveaux êtres vivants jusqu'alors plus ou moins identifiés. « Une bonne dizaine d'espèces totalement inconnues dans le monde ont ainsi été découvertes, dont 7 types de crustacés aquatiques sous-terrains, précise Marie-France Leccia. Et grâce à de nouveaux fonds débloqués par la commission européenne et complétés par la fondation Albert II de Monaco, nous allons étendre nos recherches aux parasites jusqu'à la mi-2012 ».

« Des marqueurs de pollution »
Un travail de titan à réaliser sur les 2 500 km² que couvrent les parcs du Mercantour et Alpi Maritime (côté italien), partenaires dans cette opération. « C'est un puits sans fond, reconnaît l'un des membres de l'équipe, car des espèces naissent et disparaissent sans cesse. Ce travail permet de réaliser une photo à un instant T, et servira de base de comparaison dans les années à venir. Nous pourrons ainsi percevoir l'évolution des écosystèmes. » Une base scientifique, fondamentale et essentielle à la protection de l'environnement. « A partir de l'année prochaine nous allons par exemple utiliser nos observations sur les insectes comme marqueurs de pollution », confie Marie-France Leccia, qui résume cette démarche simplement : « mieux connaître son environnement, c'est mieux le protéger. »

En chiffres

250 chercheurs professionnels et amateurs spécialistes participent aux fouilles.450 000 euros ont été alloués par le ministère de l'écologie depuis 2007 pour financer ce projet.5 600 espèces ont d'ores et déjà été identifiées grâce à cet inventaire (hors florevasculaire).3 saisons de collectes ont déjà été réalisées.