sE garer à la gare, une gageure ?

Aurélie Selvi

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Ils ne veulent pas rester sur la voie de garage. Alors que le projet de réhabilitation de la gare du Sud vient d'être voté en conseil municipal, l'heure est à l'inquiétude pour bon nombre de commerçants du quartier. Si la reconversion du lieu en pôle d'attraction (cinéma, halle commerçante, logements) séduit, un point noir persiste : les places de stationnement. « Entre le parking derrière la façade et celui réservé aux maraîchers, on atteint aujourd'hui les 700 emplacements. Le projet n'en prévoit pas plus alors qu'il a vocation à attirer du monde et à faire de la zone un nouveau centre-ville », s'alarme Paul Harnois, architecte niçois et coprésident de l'Association des commerçants et artisans du quartier Malausséna (Acqamade).

Un parking souterrain à Jeanne d'Arc
Il y a quelques jours, la structure, qui fédère 60 commerçants et une vingtaine de résidents du quartier, a lancé un sondage en ligne sur ce sujet. Résultat : près de 75 % des internautes souhaitent la construction d'un parking de 1 500 à 2 000 places. Déjà affectée par l'arrivée du tram et les changements de sens de circulation, Marie-Hélène craint que l'activité de sa pharmacie, boulevard Malausséna, pâtisse du manque de places. « La zone est saturée de véhicules. Comment voulez-vous satisfaire ce futur afflux de clientèle s'il n'y a pas d'endroit pour que les gens garent leur voiture ? », note-t-elle. « En plus des 750 places prévues dans le projet, un parking sous-terrain devrait voir le jour face à l'église Jeanne-d'Arc », tempère Rudy Salles, adjoint au tourisme. Des mesures « insuffisantes » pour l'Acqamade, qui compte bien rallier le maximum de monde à sa cause en lançant une pétition dans les prochains jours.