Les panneaux de la discorde

Jean Christophe Magnenet

— 

Les panneaux « à vendre » ne sont plus les bienvenus.
Les panneaux « à vendre » ne sont plus les bienvenus. — J. C. / MAGNENET

Christian Estrosi a bien failli se mettre à dos les agents immobiliers niçois. Tout à sa volonté d'embellir la ville, le maire de Nice a en effet décidé en début d'année d'interdire les panneaux « à vendre » et « à louer » sur les immeubles d'habitation. « A la suite de cette annonce, nous avons tout de suite proposé d'organiser une rencontre pour dialoguer », raconte le président de la Fnaim Côte d'Azur, Pierre Laurent. Une demande restée sans suite, jusqu'à ce qu'un courrier informe début mai cette fédération d'agents immobiliers de la mise en place d'un nouveau règlement municipal en date du 14 juin, prohibant l'installation de ces fameux panneaux.

Menaces de poursuites
« C'est un outil simple et indispensable pour informer les Niçois et faciliter le logement des actifs. Notre mission reste tout de même de trouver un toit pour les habitants », argumente Pierre Laurent, qui conviait hier la presse pour exprimer « la contrariété très vive » de sa profession. « Je demande officiellement au maire de nous recevoir », annonçait le dirigeant. Avec en cas de refus de négocier, la menace d'engager des poursuites contre la municipalité une fois le fâcheux règlement mis en place. Un cas de figure qui n'était pas sans rappeler le conflit opposant la ville aux épiciers de nuit, en cours de jugement au tribunal administratif. Mais Christian Estrosi n'est pas resté sourd à cet appel. Hier après-midi, le maire de Nice a reçu les représentants des agents immobiliers azuréens.

Le règlement reporté
« Le maire a présenté ses excuses pour cette absence de dialogue », confie Pierre Laurent. Le premier adjoint au maire de Nice, Benoît Kandel, précise : « Une réunion sera organisée la semaine prochaine, pilotée par Dominique Estrosi-Sassone et moi-même, pour délimiter des zones de patrimoine remarquable où ces panneaux n'ont rien à faire, comme cela se fait dans d'autres villes. » L'entrée en vigueur du règlement municipal serait repoussée au 1er septembre prochain. « Il est d'ores et déjà entendu que les signalements “vendu par”, qui sont de la publicité, n'ont rien à faire en ville », précise l'élu. « La polémique n'est pas totalement éteinte », prévient toutefois Pierre Laurent. « Le dossier est enfin ouvert. Reste maintenant à voir ce que l'on mettra dedans… »