Apprendre le français pour « s'insérer »

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« Je m'appelle Soumia et j'ai 34 ans. » Il y a quelques mois, cette Marocaine devenue Niçoise d'adoption en 2007 était incapable de prononcer cette phrase. Depuis, elle s'est inscrite aux cours gratuits de langue française de l'Association de médiation, de mobilisation et de fraternité. Hier, la structure du quartier Bon Voyage remettait à une trentaine de membres de ces ateliers un diplôme pour récompenser leurs progrès dans la langue de Molière. « Nous voulons briser cette barrière du langage. Ne pas aller vers l'autre, c'est ne pas s'insérer », expliquent Nadia et Hafida, animatrices des ateliers. Paula, 36 ans, a le verbe encore un peu hésitant mais confie avoir gagné en autonomie. « Maintenant, je peux me débrouiller pour mes papiers administratifs », lance la jeune femme, d'origine cap-verdienne. Arrivé à Nice fin août, Rubi maîtrise déjà le français. « Ça m'aide à faire des rencontres et surtout à chercher du travail », explique le Brésilien, incollable sur les chansons de Brel et de Piaf.AURELIE Selvi