L'avenir de la Brigade sud Nice reste flou

Jean Christophe magnenet

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« Nous voulons des supporters footeux et joyeux », déclare sans rire Gilbert Stellardo.
« Nous voulons des supporters footeux et joyeux », déclare sans rire Gilbert Stellardo. — ARCHIVE J. C. MAGNENET / 20 MINUTES

« C'est le bon moment pour repartir sur des bases saines. » Après une courte réunion de travail, le président de l'OGC Nice, le préfet et les forces de l'ordre ont invité hier matin les « 90 % de vrais supporters de l'ex-BSN [Brigade sud Nice] » à constituer une nouvelle association, « organisée, transparente et responsabilisante », selon les mots du représentant de l'Etat, Francis Lamy.

Cartes d'abonnement avec photo
« Ça réconforte d'apprendre que nous ne sommes pas tous des terroristes », grince en retour un membre de l'ancien groupe d'ultras niçois, dissout depuis le 28 avril par décret ministériel. « Une nouvelle structure… Pourquoi pas. Mais quelles conditions nous seront imposées ? Faudra-t-il faire de la délation en cas de débordements ? », s'interroge le supporter, qui ne manque pas de rappeler que « la BSN avait déjà à de nombreuses reprises travaillé avec les stadiers et les autorités pour assainir la situation ». Un ancien porte-parole du groupe assure de son côté que « cette dissolution n'apporte rien, et [que] rien ne changera, car une mentalité ne se dissout pas ».
Selon Gilbert Stellardo, son président, le club compte mettre en place la saison prochaine un système de billetterie nominative et des cartes d'abonnement « avec photo ». « Qu'il s'attende à ce que le nombre d'abonnés chute de 90 % », met en garde un ultra. Quant aux signes extérieurs d'appartenance à la BSN (tee-shirts, écharpes…), « il n'y a aucun message clair de la préfecture expliquant ce que cette dissolution implique », regrettent les supporters. Devant la presse, le préfet Lamy a en effet laissé la décision à « l'appréciation des forces de police et du parquet ». « On ne rendra pas la situation plus compliquée qu'elle ne l'est. De toute façon, les gens finiront par comprendre d'eux-mêmes que ce groupe n'existe plus », lâche le directeur départemental adjoint de la sécurité publique, Frédéric Peyrant. Mercredi soir, au Ray, alors que Nice jouait contre Bordeaux, on entendait encore des chants de l'ex-BSN monter depuis la tribune sud…

Deux ans de prison

Association sans statuts officiels, la BSN a été assimilée à un « groupement de fait » par le gouvernement. Et selon le préfet des Alpes-Maritimes, Francis Lamy, « ceux qui prennent le risque de participer à un « groupement de fait » interdit encourent un an de prison et 15 000 € d'amende ». Les peines montent jusqu'à « deux ans de prison et 30 000 € d'amende pour ceux qui tenteront d'organiser un groupement de fait interdit », affirme le haut fonctionnaire.