« JE NE VEUX PAS FAIRE UN NICE ÉTOILE DE L'ART »

PROPOS RECUEILLIS PAR AURELIE SELVI

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Que se trame-t-il au 89 route de Turin ? Telle est la question neuf mois après le coup d'envoi médiatique du « Chantier 109 », projet de reconversion des anciens abattoirs frigorifiques de la ville de Nice en un lieu culturel hybride. Chargée de conduire cette mission, Sophie Duez, actrice, ex-élue d'opposition et nouvelle recrue au cabinet du maire, dissipe les malentendus.

Concrètement, que se passe-t-il
aux abattoirs depuis le lancement
officiel du chantier en septembre ?
On travaille sur quelque chose d'absolument pas spectaculaire : les fondations. C'est un projet municipal qui concerne tous les services. Il engage une réflexion globale sur le quartier, de l'urbanisme en passant par les transports… Nous sommes donc en train de monter une équipe plurielle qui réfléchisse à tout cela. Parallèlement, je voyage pour étudier des lieux, en France et à l'international, dont le montage pourrait nous intéresser. Même si notre but n'est pas du tout de photocopier ce qui se fait déjà mais de créer quelque chose qui n'existe pas ailleurs.

Où en est le cycle de concertations
publiques ou « débattoires »
que vous aviez annoncés ?
On en a fait un premier en décembre. Tout un panel de personnes y a assisté : généticien, photographes, architectes... Le prochain est prévu pour début juin.

Les artistes niçois ont parfois
l'impression de ne pas participer à
la concertation. Ont-ils leur mot à dire ?
Certains pensent que nous sommes dans une phase de sélection d'artistes. C'est un quiproquo ! Le lieu ne peut pas encore recevoir de public. Ses 10 000 m² de friches ne sont pas sécurisés et servent d'entrepôts aux services de la ville. Le projet a été médiatisé très tôt mais nous n'en sommes qu'aux débuts. Nous sommes en revanche ouverts à des porjets-pilotes qui peuvent servir de réflexion au lieu. Ce sera le cas les 7 et 8 juin. L'artiste Cai Guo-Qiang réalisera une oeuvre de 28 mètres de long aux abattoirs avant de l'exposer au Mamac.

À terme, quelle place occuperont les artistes locaux dans le projet ?
L'idée, ce n'est pas de faire un Nice Etoile artistique où l'on partage l'espace pour que chacun ait sa part du gâteau. On ne veut pas créer un établissement culturel de plus mais un organisme qui permette de travailler sur les nouveaux accès à la culture, en réunissant la science, la pensée, la danse, le théâtre, la musique... Si le projet final est réussi, ça sera quelque chose qu'on ne peut pas encore imaginer aujourd'hui.

Quel est le calendrier du chantier ?
Un architecte sera choisi en 2011. Suivront les appels d'offres... Les travaux devraient commencer début 2013.