Carton rouge pour la brigade sud

Aurélie Selvi

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La BSN s'est mise en sommeil en mars dernier. Depuis, la tribune sud est clairsemée.
La BSN s'est mise en sommeil en mars dernier. Depuis, la tribune sud est clairsemée. — J. C. MAGNENET / 20 MINUTES

C'est acté. Le ministère de l'Intérieur a publié hier un décret au Journal officiel prononçant la dissolution de sept groupes de supporters… dont la Brigade sud Nice (BSN). Créée en 1985, cette formation d'Ultras, fans du Gym, n'est pourtant pas une association. C'est donc en temps que « groupement de fait » qu'elle est sommée de mettre un terme à son existence. « Cette mesure était nécessaire. Il existe au sein de la BSN une minorité de gens violents qui représentent 95 % des interdictions de stade prononcées », assurait hier le préfet des Alpes-Maritimes, Francis Lamy. Parmi les événements récents invoqués par le ministère de l'Intérieur, les débordements en marge de la rencontre ­Monaco-Nice du 30 janvier dernier.

Jusqu'à deux ans de prison
Concrètement, cette dissolution risque de donner du fil à retordre aux forces de l'ordre. Dès le prochain match, le préfet compte sur « leur discernement » pour repérer tout regroupement éventuel sous le sigle de la BSN. Auquel cas, des procès-verbaux seront dressés et envoyés au procureur. « Ces personnes risquent jusqu'à deux ans de prison et de 15 000 à 30 000 € d'amende », prévient Francis Lamy. « On n'est pas surpris, mais on n'en restera pas là. Cette décision s'inscrit dans une politique globale répressive. Mais la BSN est indissoluble, tant au niveau administratif que de sa mentalité », réagissait hier un de ses membres, assurant que des actions allaient être mises en œuvre dans les jours à venir. Hier, le préfet incitait « la majorité de passionnés du foot qui composait la BSN » à former une association « transparente » pour « participer à la diffusion du bon esprit sportif ».