Faux Scénario catastrophe au large de Nice

Jean Christophe Magnenet

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Des membres de l'équipage aguerris au feu ont avant tout simulé l'extinction de l'incendie. L'évacuation des blessés graves s'est ensuite effectuée sur le pont.
Des membres de l'équipage aguerris au feu ont avant tout simulé l'extinction de l'incendie. L'évacuation des blessés graves s'est ensuite effectuée sur le pont. — J. C. MAGNENET / 20 MINUTESJ. C. MAGNENET / 20 MINUTES

« Fumée sur moteurs arrières. Une équipe part maîtriser le feu. Demande assistance médicale. » 8 h 47 hier, le commandant de bord du navire à grande vitesse (NGV) Liamone II lance un appel de détresse au Crossmed. Avant d'envoyer son message à la plate-forme de coordination des secours, Jean-Paul Brun a bien pris soin de préciser « pour exercice ». A quelques milles nautiques du Cap Ferrat, ce bateau de la SNCM s'est prêté toute la matinée à l'exercice de secours « Neptune 10 » organisé par le préfet maritime de la Méditerranée et la préfecture des Alpes-Maritimes. Un scénario corsé a été planifié : dans ce bâtiment, qui en temps normal peut transporter jusqu'à 1 000 passagers, un feu se déclare en salle des machines. Une quarantaine de passagers souffrent de brûlures et d'asphyxie. Le bâtiment est stable mais ne peut plus se propulser. « Plutôt que d'organiser une évacuation en mer, nous testons à travers cette simulation l'envoi d'une équipe terrestre sur place pour organiser les secours », expliquait à bord le préfet maritime, Yann Tainguy. Dès l'alerte donnée, l'équipage maîtrise l'incendie. L'hélicoptère Dragon 06 de la sécurité civile ne tarde pas à survoler la zone pour déposer un médecin, de permanence ce jour-là. « Il décrit la situation au Crossmed qui dirige les opérations depuis La Garde, dans le Var, et fait le tri entre les passagers à évacuer ou à soigner sur place », détaille le commissaire général de la Marine, Jean-Luc Velut. À la vue du toubib, les cobayes gémissent, crient, appellent à l'aide… Bilan : une quarantaine de blessés dont 5 « urgences absolues » à rapatrier vers des hôpitaux spécialisés.

Débriefing à huis clos
Un directeur des secours médicaux arrive pour prendre le relais, lui aussi dépêché par hélicoptère et équipé de matériel de premiers soins (perfusions, oxygène…). Deux heures après l'alerte, trois médecins sont à bord. « Insuffisant », reconnaît Jean-Yves Velut. Des renforts de l'UMIM (unité médicale d'intervention maritime) arrivent enfin de Marignane, toujours par les airs, et avec le matériel nécessaire pour établir un hôpital de campagne. Les grands blessés sont évacués par hélicoptère et la célèbre Abeille Flandre finit par entrer en jeu pour remorquer le NGV jusqu'au port de Nice. Samu, pompiers et policiers azuréens attendent sur le quai le reste des blessés à dispatcher entre les hôpitaux niçois. « La simulation s'est globalement bien passée », juge le commandant de bord, pour qui « le plus délicat reste la communication avec les équipes à terre. » Plus tard dans l'après-midi, les services préfectoraux et médicaux auront tous ensemble « débriefé » l'exercice… à huis clos.