DES CONDUCTEURSSOUS HAUTE TENSION

Aurélie Selvi

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Au terminus de Las Planas, des jeunes avaient menacé un conducteur avec un sabre.
Au terminus de Las Planas, des jeunes avaient menacé un conducteur avec un sabre. — A. SELVI / 20 MINUTES

« Mieux vaut prévenir que guérir. » c'est le précepte qu'ont appliqué ce week-end les conducteurs de trams et de bus niçois. Samedi soir, le personnel de la ST2N a en effet fait jouer, pour la première fois depuis la création du tramway, son droit de retrait en suspendant le service de 22 h 30 à 1 h 30. La cause : le comportement de quatre jeunes, connus des services de police. « Dimanche dernier, ils avaient menacé un de nos collègues au terminus de sa rame, à Las Planas. L'un d'entre eux avait un sabre », explique un conducteur. La ST2N avait alors porté plainte.

« Les mettre hors d'état de nuire »
« Samedi, vers 22 h 15, alors que notre collègue était en service, des conducteurs ont aperçu la même bande, qui avait l'air à sa recherche. Par précaution pour ce père de famille, on a décidé de suspendre le trafic », explique Gérard Giordana, secrétaire général CGT de la ST2N. Prévenir, c'est aussi la méthode de la municipalité qui a décidé de renforcer la sécurité à l'intérieur des trams. Depuis hier soir, deux policiers municipaux patrouillent dans chaque rame. « Notre rôle s'arrête là. Il faut ensuite que tous les maillons de la chaîne pénale suivent en mettant ces individus hors d'état de nuire », a martelé hier Christian Estrosi.
« Ce n'est pas la première fois qu'on est confronté à ce type de situation », ajoute un contrôleur. « Du vendredi au dimanche, c'est souvent chaud. Les soirs aussi : certains jeunes se croient chez eux dans le tram. Ils crient, insultent, bloquent les portes... », explique une poignée de conducteurs de nuit désormais « habitués ». « Quand on change de cabine au terminus, c'est souvent tendu. Je ne pense pas qu'ils veuillent nous agresser. C'est le conflit qui les amuse », estime l'un d'entre eux. (Lire aussi p. 7)