Nice mise sur des cadenas « connectés » contre les vols de vélo

DEUX-ROUES Le service (payant) d’une start-up parisienne s’installe sur le mobilier urbain de la métropole pour endiguer les vols de vélo que les usagers jugent « très fréquents »

Fabien Binacchi
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Le dispositif s'installe sur le mobilier urbain sans l'endommager
Le dispositif s'installe sur le mobilier urbain sans l'endommager — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Environ 800 cadenas connectés installés sur le mobilier urbain de la ville de Nice seront activés dès la semaine prochaine pour tenter de limiter les vols de vélo.
  • Une assurance est tout de même comprise dans l’offre de la start-up ShareLock « au cas où » le deux-roues attaché était tout de même dérobé.

Ils ont fleuri un peu partout à Nice, sur les potelets qui bordent les routes. « Et il n’a fallu qu’une dizaine de jours pour en installer 800. C’est l’avantage de ce système. En très peu de temps, on peut créer tout un parc de stationnements sécurisés pour les vélos », explique Nicolas Louvet, le cofondateur de ShareLock.

Connectés via une appli smartphone, ses « cadenas partagés », dont le nom anglais fait écho à un célèbre détective, seront activés dès la semaine prochaine. Avec la bénédiction de la métropole, qui a contracté une convention d’occupation du domaine public avec la start-up.

Encore en retard sur les kilomètres de nouvelles voies cyclables qu’elle ambitionne de créer, la collectivité veut en tout cas mettre le paquet contre le vol des deux roues. En plus des 462 places disponibles dans ses « Parcazur vélo », à la gare de Nice-Ville et aux terminus des lignes de tramway, elle a choisi cette jeune société parisienne pour endiguer le phénomène. En baisse en 2020 selon des chiffres recueillis par Nice-Matin, il resterait quand même un véritable fléau en 2021. Selon le dernier « baromètre des villes cyclables » les usagers interrogés à Nice considéraient les vols comme « très fréquents ».

Assurance comprise « au cas où »

La solution Sharelock, installée pour la première fois dans une grande métropole (elle n’est active pour le moment que dans les villes Sceaux Saint-Ouen et Meaux), serait-elle l’une des clés ? « Sur 1.000 sessions de locations de nos cadenas connectés en région parisienne, il n’y a eu aucun vol de vélo et qu’un seul vol de roue, vante Nicolas Louvet. Le système est hyper sécurisé. Il faut trois fois plus de temps pour le casser qu’un antivol classique. »

Installé dans une sorte d’ogive de 50 cm de haut pour 20 cm de diamètre (sans compter l’arceau qui emprisonne le vélo), le dispositif ne peut se libérer que sur l’application dédiée. L’autre originalité, car « ce n’est quand même pas infaillible », c’est qu’une assurance est comprise « au cas où » le deux-roues attaché était tout de même dérobé.

« La formule de base [10 euros par mois pour une utilisation en illimité ou 50 ct par 24 heures] donne droit à un remboursement immédiat de 200 euros, précise le responsable. Et ça peut être plus si une assurance supérieure est souscrite en option ». Pour les vélos électriques notamment. Le système pourra même, grâce à des capteurs, être directement connecté à la police municipale pour prévenir les larcins. « On en discute », explique-t-on chez Sharelock. Ce qui est déjà acté, c’est que ces cadenas connectés seront également installés dans d’autres communes de la métropole. Il devrait y en avoir, au total, 1.500 d’ici à la fin de l’année.