Nice : A quoi va ressembler le prolongement de la promenade du Paillon ?

TRAVAUX Les architectes de l’extension de la coulée verte, à la place du Théâtre national de Nice et du Palais Acropolis bientôt détruits, ont été désignés et leur projet a été dévoilé

Fabien Binacchi
Le parking des arts, actuellement sous le TNN, sera conservée dans cette colline verdie
Le parking des arts, actuellement sous le TNN, sera conservée dans cette colline verdie — Ville de Nice
  • Prévu jusqu’à la fin de l’année 2025 (en comptant les démolitions du TNN, d’ici à la fin de l’année, et du Palais Acropolis, entre février 2023 et l’été 2024), le chantier de l’extension de la promenade du Paillon devrait coûter 75 millions d’euros.
  • Cet espace végétalisé supplémentaire de 8 hectares en plein centre-ville devrait comporter « plus de 1.500 arbres », selon Christian Estrosi.

Le projet entre encore un peu plus dans le concret. Après le déboulonnage de deux sculptures sur le parvis du TNN, pour pouvoir lancer sa destruction, la ville de  Nice vient de présenter les images livrées par les architectes choisis pour le prolongement de la promenade du Paillon.  Toujours contestée par certains, qui s’opposent à la démolition du théâtre, cette extension comportera « plus de 1.500 arbres » a promis  Christian Estrosi.

Dont certains seront plantés sur les pentes d’une colline verdie, vestige du lieu culturel où le parking des arts sera conservé. Juste à côté, le Musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice (Mamac) va gagner, en plein air, « 400 m2 de surfaces d’expositions supplémentaires », selon le maire. Et, à l’extrémité du projet, une passerelle permettra aux piétons d’enjamber la traverse Jean-Monnet pour rejoindre le futur Palais de la culture.

Le Mamac va gagner en surfaces d'exposition de plein air
Le Mamac va gagner en surfaces d'exposition de plein air - Ville de Nice
Une passerelle permettra aux piétons de rejoindre le futur Palais des arts et de la culture depuis la promenade du Paillon
Une passerelle permettra aux piétons de rejoindre le futur Palais des arts et de la culture depuis la promenade du Paillon - Ville de Nice

Christian Estrosi y voit « un véritable corridor écologique »

Le maire de Nice décrit ni plus ni moins « un véritable corridor écologique » qui sera « constitué de sols perméables et fertiles, et de bassins abritant la faune et la flore ». Micocouliers de Provence, chênes verts, mûriers, érables, frênes sont prévus dans les 8 nouveaux hectares de ce projet qui « s’inspire de jardins emblématiques de la cité tels que la Colline du château, les vallons obscurs ou encore les bois des jardins de Cimiez ».

Les architectes João Luís Carrilho da Graça et Alexandre Chemetoff ont aussi prévu un cours d’eau alimenté par « un système ingénieux et vertueux de valorisation des eaux de pluie » et qui sillonnera le parc sur toute sa longueur, soit 1 km, a décrit l’élu. Plusieurs bassins sont aussi visibles sur les visuels qui ont été dévoilés.

Un cours d'eau devrait traverser toute l'extension de la coulée verte, sur 1km
Un cours d'eau devrait traverser toute l'extension de la coulée verte, sur 1km - Ville de Nice

Prévu jusqu’à la fin de l’année 2025 (en comptant les démolitions du TNN, d’ici à la fin de l’année, et du Palais Acropolis, entre février 2023 et l’été 2024), le chantier devrait représenter un budget estimé à 75 millions d’euros. Et dont la moitié sera financée par des subventions, assure la mairie.

1.740 tonnes de CO2 en moins ? Un collectif dénonce des « fake news »

Face aux critiques, et alors que la démolition du TNN fera l’objet d’un recours, mercredi à 10h devant le Tribunal administratif de Nice, Christian Estrosi vante avant tout la dimension écologique de son projet. « Une étude Atmosud vient de confirmer la pertinence de cette large végétalisation en ville, en mettant en avant la suppression des rues canyons autour d’Acropolis dans lesquels les polluants s’accumulent », a-t-il annoncé.

Et d’avancer des chiffres. Selon lui, ces aménagements « permettront un gain en carbone de 1.740 tonnes de CO2 chaque année ». Dont 40 tonnes grâce à « la création d’une vaste forêt urbaine »​ et les autres 1.700 tonnes « avec la suppression de deux bâtiments représentant l’équivalent carbone d’une centrale à béton ».

Une version directement contestée par le Collectif citoyen 06, qui dénonce des « fake news » et ne fait pas du tout le même calcul. « Les données officielles du label Bas Carbone du ministère de la Transition écologique indiquent une réduction moyenne de 5 kg CO2 par an et par arbre, soit 7,5 tonnes par an pour l’extension de 8 hectares », écrivent ses responsables Thierry Bitouzé et Airy Chrétien.