Coronavirus à Nice : Pourquoi les blocs opératoires sont-ils forcés de tourner au ralenti ?

COVID-19 Plus de 40 % des opérations sont différées faute d’un nombre assez important d’infirmiers anesthésistes, réquisitionnés pour les malades du Covid-19

Fabien Binacchi
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Les infirmiers anesthésites font défaut dans les salles d?opération (Illustration)
Les infirmiers anesthésites font défaut dans les salles d?opération (Illustration) — M. Libert / 20 Minutes
  • Les chirurgiens du CHU de Nice ont « au moins 40 % de créneaux en moins que d’habitude et ça peut aller jusqu’à 50 % », confirmait dimanche à 20 Minutes le Pr Stéphane Litrico, vice-président de la Commission médicale d’établissement (CME).
  • Les blocs opératoires font face à une pénurie d’infirmiers anesthésistes, conséquence du Covid-19 mais surtout d'un problème d'embauche structurel, selon lui.

Plusieurs semaines d’attente pour les opérations les moins urgentes. Et tout de même quelques jours de délai pour la pose de stents dans une jambe. En ce moment, « tout en évitant les pertes de chances », les chirurgiens du CHU de  Nice doivent faire avec un planning très restreint.

Ils ont « au moins 40 % de créneaux en moins que d’habitude et ça peut aller jusqu’à 50 % », confirmait dimanche à 20 Minutes le Pr Stéphane Litrico, vice-président de la Commission médicale d’établissement (CME). En fait, les blocs opératoires font notamment face à une pénurie… d’infirmiers anesthésistes.

Omicron provoque moins de formes graves mais il « en provoque quand même »

Ces derniers sont réquisitionnés pour s’occuper des malades du Covid-19 dans les unités de réanimation. « Ce n’était pas arrivé, à ce niveau-là, depuis la première vague de la pandémie », explique le neurochirurgien. Si l’impressionnante déferlante du variant Omicron (3.148 cas pour 100.000 habitants dans la métropole niçoise) provoque moins de formes graves, « elle en provoque quand même », rappelle le spécialiste.

Et « la file active des patients admis en soins critiques » continue d’« augmenter aux mêmes rythmes que les semaines précédentes », note l’Agence régionale de santé (ARS) Paca dans son dernier point de situation.

Les contaminations pourraient commencer à baisser. Mais en attendant, la situation reste tendue. Samedi, 96 malades du Covid-19 étaient pris en charge dans les services de réanimation des hôpitaux et cliniques des Alpes-Maritimes, selon les données de Santé publique France. Soit un taux d’occupation de 108 % par rapport à la capacité initiale.

Un problème avant tout « structurel »

Mais le problème est pluriel. Et avant tout « structurel », rappelle le vice-président de la CME du CHU. « Depuis des années, nous sommes au plancher des effectifs théoriques. C’est parfois très significatif dans les blocs, détaille-t-il. On a du mal à embaucher. Les moyens sont à nouveau là, mais il faudra du temps pour former et recruter ».

En attendant, il faut ajouter à cela un certain absentéisme, avec les soignants également touchés par le nouveau coronavirus, et un « nombre de pathologies traumatiques revenu à un niveau normal ». « Sur certaines vagues précédentes, nous avions davantage de restrictions. Mais aujourd’hui, les écoles sont ouvertes, les structures de loisir aussi, les voitures circulent et il y a aussi les sports d’hiver », pointe le Pr Stéphane Litrico. Avec les accidents qui vont avec et qu’il faut traiter.