Nice : Le Théâtre national relogé dans plusieurs autres salles est « l’occasion pour nous de nous réinventer », dit sa directrice

INTERVIEW Alors que le Théâtre national de Nice livre ses ultimes représentations avant sa démolition, sa directrice Muriel Mayette-Holtz parle de l’avenir

Propos recueillis par Fabien Binacchi
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 Comédienne et metteure en scène, la directrice est en poste depuis novembre 2019
Comédienne et metteure en scène, la directrice est en poste depuis novembre 2019 — Sophie Boulet
  • L’actuel bâtiment du Théâtre national de Nice doit être détruit dès le printemps.
  • Sa directrice Muriel Mayette-Holtz fait le point sur le programme à venir et les autres salles qui viendront le remplacer dès cette année et jusqu’en 2025.

Le rideau tombera définitivement sur la scène de la salle Pierre Brasseur samedi après-midi, après les représentations du Bruit des loups. « Un spectacle avec de la magie. C’est bien de finir comme ça », souffle Muriel Mayette-Holtz.

La directrice du Théâtre national de Nice (TNN) s’apprête, avec ses équipes, à quitter les lieux,  voués à être démolis par la mairie de Nice pour la poursuite de la promenade du Paillon. La responsable fait le point avec 20 Minutes sur l’organisation des mois à venir,  avec l’arrivée de nouvelles salles.

Le projet de destruction du TNN est toujours contesté par certains. Quel est votre avis sur le sujet ?

Je n’ai pas envie de rentrer dans ce débat-là. Je peux juste vous dire que ce n’est pas un instrument facile, même s’il a le charme et l’âme de tous les théâtres. Mais, très sincèrement, dans la vie d’un artiste, ouvrir trois salles en une année, c’est dément. C’est peut être aussi l’occasion pour nous tous de nous réinventer. Un Centre dramatique national [CDN], c’est un projet, une identité. Ce ne sont pas seulement des murs.

Comment les choses vont se passer dans les semaines à venir ?

Il y aura d’abord un temps de voyage. Nous allons investir les autres salles de la ville avant de pouvoir lancer les nôtres. Nous serons à l’opéra, à la Diacosmie, au forum Nice Nord et dans les théâtres Francis-Gag et Lino-Ventura. Puis, le 26 avril, nous inaugurerons notre petite grande salle définitive aux Franciscains [jusqu’à 400 places] avec Le sourire de Darwin que je mets en scène avec Isabella Rosselini. La Cuisine, notre deuxième grande salle [600 places], qui sera provisoire en attendant celle que nous aurons au palais des expositions en 2025, sera ouverte dès le 20 mai à côté du palais Nikaïa. On y présentera Bérénice. Enfin, en janvier 2023, c’est la salle de 500 places du complexe Iconic qui sera lancée.

Vous n’aurez donc plus, dans l’immédiat, de salle de 1.000 places. Ce n’est pas handicapant ?

Les nouvelles salles ont d’autres avantages. Aux Franciscains, nous aurons un plateau beaucoup plus grand. Dans La cuisine, on en aura un de 20 m et des places avec une excellente visibilité.

Vous espérez élargir le public ?

Etre dans tous ces lieux, c’est une occasion unique évidemment de séduire ceux qui ne venaient jamais et qui ne nous connaissent pas. C’est un super challenge alors que la crise du Covid-19 a bouleversé le rapport à la culture.

Déménagement et contestation

Les employés du TNN devront quitter les lieux, pour s’installer dans l’ancienne église des Franciscains, dans le Vieux-Nice, le 15 mars. La démolition du site est ensuite prévue jusqu’à la fin de l’année, précise la municipalité alors que des contestataires sont toujours mobilisés contre ce projet à 75,6 millions d’euros. Mi-décembre, une pétition lancée par l’ancien conseiller municipal PS Patrick Allemand avait recueilli 4.000 signatures. Eric Ciotti a aussi lancé un comité de soutien pour la préservation du site.