Nice : Christian Estrosi se rapproche un peu plus d’Emmanuel Macron, mais qu’en pense sa majorité ?

POLITIQUE Ces dernières semaines, le maire de Nice Christian Estrosi a officialisé son engagement pour la réélection du président de la République

Fabien Binacchi
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Edouard Philippe et Christian Estrosi ont tenu une réunion publique mercredi à Nice
Edouard Philippe et Christian Estrosi ont tenu une réunion publique mercredi à Nice — SYSPEO/SIPA
  • Pour Christian Estrosi, « il n’y a aucune incompatibilité à témoigner [sa] reconnaissance » à Emmanuel Macron et « à dire : oui, je suis de droite ».
  • Le maire de Nice a quitté LR et s’engage désormais aux côtés d’Edouard Philippe, dont le nouveau parti est membre de la nouvelle « maison commune » de la majorité présidentielle.
  • Pierre-Paul Léonelli, président de sa majorité municipale, précise « qu’aucune consigne n’est donnée à personne » dans ses rangs.

En mai, Christian Estrosi claquait la porte du parti Les Républicains, pris selon lui dans une « dérive ». Mi-octobre, le maire de Nice annonçait un soutien « sans ambiguïté » à Emmanuel Macron pour la prochaine élection présidentielle. Il assistait d’ailleurs, le 24 novembre, au lancement du comité local de soutien à sa réélection.

Mercredi enfin, il ralliait Horizons, le mouvement lancé par Edouard Philippe. Et pour Christian Estrosi, « il n’y a aucune incompatibilité à témoigner [sa] reconnaissance » à Emmanuel Macron et « à dire : oui, je suis de droite et je ne m’en excuse plus », a-t-il déclaré lors d’une réunion publique avec l’ancien Premier ministre.

Mais dans les faits, l’adhésion du maire de Nice à ce parti membre de la nouvelle « maison commune » de la majorité présidentielle pourrait-elle finir par agacer dans ses propres rangs ? « Nous avons toujours formé une liste qui rassemble de nombreuses sensibilités et ça ne va pas changer. Nous restons mobilisés pour la défense des projets », répond simplement Pierre-Paul Léonelli, adjoint de Christian Estrosi et président de sa majorité municipale. Il précise « qu’aucune consigne n’est donnée à personne ».

« On travaille tous pour les Niçois »

Pour sa part, l’élu a annoncé jeudi à 20 Minutes qu’il quittait lui aussi le parti « au vu du résultat » du premier tour du vote pour désigner le candidat LR à la présidentielle. Eric Ciotti, qui reproche justement à Christian Estrosi son soutien à Emmanuel Macron, est arrivé en tête. « Mais je ne rejoins personne d’autre. Je le répète : on travaille tous pour les Niçois », martèle Pierre-Paul Léonelli.

Pour les Niçois, mais plus chez LR non plus pour Anthony Borré. Jeudi soir, le premier adjoint de Christian Estrosi a lui aussi annoncé qu’il quittait le parti : « Les résultats et les débats de premier tour démontrent que ma place n’est plus dans ce parti dans lequel j’ai milité », a-t-il écrit sur Twitter.

« Qu’ils ne se laissent pas entraîner »

Officiellement donc, chaque élu de la majorité municipale y serait toujours à l’aise et ferait ce qui lui plaît. « J’espère juste que les uns et les autres ne se laisseront pas entraîner. Qu’ils ne finiront pas dans des partis où ils n’ont rien à faire », souffle de son côté Bernard Chaix.

Elu sur la liste de Christian Estrosi en 2020, ce commerçant proche d’Eric Ciotti figure depuis début octobre parmi les « conseillers municipaux non affiliés ». Comme Gaëlle Frontoni, il se voyait retirer ses délégations par le maire suite à des votes discordants. Une « exclusion de la majorité » qu’il dit avoir « vécue comme un soulagement ». « Moi je suis militant et adhérent LR et je le reste. Quand on fait de la politique, on a des convictions », tance Bernard Chaix.

« Estrosi rallie enfin officiellement la macronie même si ça fait bien longtemps qu’on a le sentiment d’être en face d’une municipalité de centre gauche », ironise de son côté Philippe Vardon. Pour l’élu RN, il est « clair qu’une partie des électeurs de Christian Estrosi doit se sentir flouée ». « Après la région Paca, c’est la mairie de Nice qui vient de passer sous pavillon macroniste, sans que le parti présidentiel n’ait eu besoin de livrer bataille », conclut-il.

Divorce consommé avec LR

Pour Christian Estrosi, la page LR est définitivement tournée. « En rejoignant aujourd’hui Edouard Philippe au sein d’Horizons, je m’inscris au sein de la seule organisation qui peut aujourd’hui légitimement revendiquer » l’héritage du RPR et de l’UMP, a-t-il déclaré, égratignant son ancien parti. Mercredi, lors d’une réunion publique, il a expliqué qu’il s’engageait avec l’ex-Premier ministre « à défendre notre héritage et à porter nos valeurs de la droite et du centre ».