Nice : Malgré son nouveau départ en juin, la Gare du Sud encore dans la tourmente

CA COINCE Une liquidation judiciaire devrait être engagée pour l’actuel animateur la halle gourmande du centre de Nice

Fabien Binacchi
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Certains corners sont laissés à l'abandon, en attente de travaux
Certains corners sont laissés à l'abandon, en attente de travaux — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Selon Christian Estrosi, la halle gourmande inaugurée en 2019 pour dynamiser le quartier Libération serait « en danger » et risquerait même de « péricliter ».
  • L’actuel animateur de la Gare du Sud confirme ses difficultés et précise qu’un « rendez-vous est pris mi-novembre pour acter ou non » une procédure de liquidation judiciaire.
  • Le maire de Nice indique que « plusieurs investisseurs et professionnels du secteur de la restauration [ont] déjà manifesté auprès de [lui] leur intérêt » pour la reprise du site.

La Gare du Sud passera-t-elle l’hiver ? Christian Estrosi a lancé l’alerte : la halle gourmande que le maire de Nice inaugurait en 2019 avec beaucoup d’ambition pour le quartier Libération serait « en danger » et risquerait même de « péricliter ». Relancé en juin par un nouvel animateur, Le Jardin défendu, après un démarrage compliqué, le lieu est donc à nouveau menacé.

Selon l’élu, une procédure de liquidation judiciaire serait engagée pour cette filiale du groupe Enchanté. Cette dernière confirme ses difficultés et précise qu’un « rendez-vous est pris mi-novembre pour acter ou non de cette procédure ».

« Défaillances » et « impayés récurrents »

L’entreprise s’était engagée à dynamiser les lieux en lien avec des travaux de restructuration attendus d’ici la fin de l’année. Mais Urban renaissance, le titulaire du bail emphytéotique consenti par la ville, n’a pas donné suite. Frédéric Lambert, le fondateur d’Enchanté, aurait même « proposé de travailler sur une reprise globale de la halle avec un groupement de trois nouveaux investisseurs » mais « la discussion est rompue », selon lui.

Urban renaissance répond par voie de communiqué. Et sa mise au point est cinglante. « Le groupe Enchanté n’est plus un acteur crédible pour l’animation de la halle », attaque celui qui se présente comme « un expert reconnu de la transformation et de la réhabilitation d’immeubles patrimoniaux ou classés en centre-ville ».

Il avance que « le nouveau projet transmis par Enchanté ne constitue aucunement un projet de relance, ne donne aucune garantie sur la pérennité de l’exploitation et la capacité du groupe Enchanté à honorer ses dettes ». La société précise « qu’à partir d’octobre, il a été constaté de nombreuses défaillances, et notamment des impayés récurrents ».

D'autres investisseurs sont sur le coup, selon Estrosi

L’espoir d’une négociation semble donc enterré, ce qui devrait confirmer le lancement de la procédure de liquidation judiciaire dès cette semaine. Et impliquerait donc, à nouveau, de repartir de zéro pour la Gare du Sud. Christian Estrosi dénonce de son côté « l’inertie d’Urban renaissance » et indique que « plusieurs investisseurs et professionnels du secteur de la restauration [ont] déjà manifesté auprès de [lui] leur intérêt » pour la reprise du site.

Le groupe accepterait-il donc de se désengager au profit d’un autre ? Pas de réponse à cette question posée par 20 Minutes. Dans son communiqué, Urban renaissance rappelle juste son « objectif prioritaire d’apporter à ce fabuleux site le dynamisme et le succès qu’il mérite ».

De 28 corners à une douzaine

Son ambiance étouffante selon certains clients, ses loyers jugés exorbitants par des restaurateurs qui avaient même fait grève… L’aventure de la halle, inaugurée en mai 2019, n’a pas été simple. Enchanté a bien corrigé le rafraîchissement des lieux et mis le paquet sur l’animation mais l’offre de restauration n’a jamais redécollé. Des 28 corners ouverts au départ, il n’en reste qu’une dizaine. Et les emplacements vacants sont simplement entourés de plastique et de rubalise.