Coronavirus dans les Alpes-Maritimes : Taux d’incidence en hausse, doses de rappel… Le point sur l’épidémie et la vaccination

COVID-19 Après une diminution constante depuis mi-août et une stabilisation, mi-octobre, le taux d’incidence « augmente désormais »

Fabien Binacchi
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Les autorités rappellent l'importance de la dose de rappel pour les plus de 65 ans et les autres personnes éligibles alors que l'épidémie reprend
Les autorités rappellent l'importance de la dose de rappel pour les plus de 65 ans et les autres personnes éligibles alors que l'épidémie reprend — SYSPEO/SIPA
  • Après une baisse significative cet été, depuis le pic du 30 juillet (758) le taux d’incidence, à 59 lundi, augmente encore à 62 cas pour 100.000 habitants ce mardi pour les Alpes-Maritimes.
  • A date, les hôpitaux du département soignent 28 malades pris en charge dans des services conventionnels et douze en réanimation.

Pour la directrice adjointe de la délégation départementale de l’ARS (agence régionale de santé) dans les Alpes-Maritimes, il est « désormais très probable qu’une cinquième vague ne soit pas évitable ». Après une diminution constante depuis mi-août et une stabilisation, mi-octobre, le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de cas de Covid-19 pour 100.000 habitants, « augmente désormais », relève Michèle Guez.

Et une reprise de l’épidémie est d’autant plus certaine pour les autorités avec « l’approche de l’hiver et les températures qui baissent », favorables aux contaminations en milieu fermé. Mais alors où en ont vraiment ?

Quels sont les chiffres de l’épidémie ?

« Lundi, dans le département, nous avons à nouveau franchi la barre des 5.000 contaminations par jour, a annoncé ce mardi le directeur du cabinet du préfet des Alpes-Maritimes. La crise du Covid n’est pas derrière nous. On en parle moins, mais on voit bien qu’il y a toujours une circulation du virus avec une remontée du nombre de cas. » Après une baisse significative cet été, depuis le pic du 30 juillet (758) le taux d’incidence, à 59 lundi, augmente encore à 62 cas pour 100.000 habitants ce mardi pour les Alpes-Maritimes. C’est inférieur à Paca (67) mais supérieur à la moyenne française (51). Le nombre d’hospitalisations augmente également légèrement. A date, les hôpitaux du département soignent 28 malades pris en charge dans des services conventionnels et douze en réanimation. Encore loin du pic enregistré en mars avec 583 hospitalisations, dont 127 en réa mais « l’heure est à la vigilance », note encore la responsable de l’ARS, précisant que « le centre hospitalier de Cannes a dû reconstituer une unité avec cinq lits Covid, dont quatre étaient occupés ce week-end ». Quant à savoir la part de personnes vaccinées parmi ces 40 hospitalisées, Michèle Guez n’avait pas la réponse ce mardi. Elle évoque cependant « le cas d’une jeune femme de 33 ans non vaccinée prise en charge en réanimation à la fin de l’été ».

Et sur la vaccination justement, où en est-on ?

La population générale affiche un taux de couverture de 82 % dans le département des Alpes-Maritimes, contre 84 % au niveau national. Plus de quatre Azuréens sur cinq sont donc déjà dans un schéma vaccinal complet. En fonction des tranches d’âges, ce sont les 50-64 ans qui sont les plus vaccinés (99 %) et les 12-15 ans qui le sont le moins (60 %). « Pour les 65 ans et plus, seuls 34 % ont eu la dose de rappel et nous poursuivons notre stratégie du "aller vers" pour encourager les personnes éligibles à en bénéficier », note le directeur de cabinet du préfet. « Nous sommes parallèlement en train d’organiser la bascule pour que les injections soient effectuées par la médecine de ville. Les derniers centres de vaccination fermeront a priori d’ici à Noël », poursuit Benoît Huber. « On a besoin de ce rappel, mais pas que. Il faut faire les deux vaccins contre la grippe et Covid sans aucune hésitation, plaide le Pr Olivier Guérin, chef du pôle gériatrie au CHU de Nice et membre du conseil scientifique français. Les autres virus respiratoires sont là et ils seront là. »

Jusqu’à quand faudra-t-il respecter les gestes barrières ?

Il n’est pas question de relâcher, pour le moment, l’attention. Un nouvel arrêté préfectoral a prolongé l’obligation du port du masque au moins jusqu’au 2 novembre. Et vu la nouvelle remontée du nombre de cas, il paraît peu probable qu’elle ne sera pas encore renouvelée. « Il est très important de continuer à respecter les gestes barrières et à être propre encore cet hiver. Se laver les mains régulièrement. Aérer les pièces dès que possible », poursuit encore le Pr Olivier Guérin, qui milite même pour conserver ces habitudes au long cours. « En 2030, j’espère qu’on aura encore le réflexe de mettre un masque dans une salle de 50 m2 avec 50 personnes. Dans d’autres pays asiatiques, au japon notamment, la grippe tue quatre fois moins qu’en France car, là-bas, ils ont une culture de l’hygiène sanitaire différente ».