Vaccination à Nice : Près de 350 personnes du CHU suspendues et « plus d’une centaine en cours de régularisation »

COVID-19 L'obligation vaccinale est entrée en vigueur depuis ce mercredi pour les soignants

E.M.
— 
L'entrée de l'hôpital Pasteur 2 du CHU de Nice (Illustration)
L'entrée de l'hôpital Pasteur 2 du CHU de Nice (Illustration) — SYSPEO/SIPA
  • Avec ce premier jour d’application de l’obligation vaccinale des personnels soignants, près de 350 personnes, et une centaine en cours de régularisation, ont été suspendues du CHU de Nice.
  • D’après la direction, 95 % du personnel est vacciné. Un pourcentage qui inquiète tout de même les syndicats dans une période « où il est difficile de trouver du personnel qualifié ».
  • Un des employés a entamé une grève de la faim pour protester contre cette décision.

Sur les 7.500 personnels du CHU l’hôpital de Nice, « 350 personnes ont été suspendues dès ce matin et une centaine est en cours de régularisation », a indiqué la communication de l’hôpital confirmant une information de France Bleu Azur. La raison ? Elles n’ont pas présenté une preuve de vaccination.

Selon la loi 5 août, tous les métiers de l’hôpital doivent justifier d’une première injection, d’une contre-indication vaccinale ou d’une contamination récente à partir de ce mercredi, sinon ils s’exposent à la suspension immédiate de leur contrat de travail, sans rémunération. Ceux qui ont reçu une première dose ont, quant à eux, un mois pour effectuer la deuxième.

La direction de l’hôpital s’est félicitée d’avoir tout de même 95 % de son personnel vacciné, d’après les informations de la radio locale. L’hôpital a par ailleurs assuré être en mesure d’assurer la totalité de l’offre de soin du CHU « malgré quelques difficultés dans la gestion des flux de patients ou encore dans les services d’urgences ».

Mais du côté des syndicats, on s’inquiète. Le secrétaire départemental de la branche santé Force ouvrière, Michel Fuentes, se demande : « Vu la situation dans les services, comment les cadres vont-ils gérer ? Comment va s’organiser la continuité des soins ? ». Dans un communiqué, le syndicat souligne : « On pointe les hospitaliers comme les responsables de la propagation du virus alors qu’il y a encore quelques mois, on manquait de protection pour travailler et que les conditions sont toujours plus dégradées ». La fédération avait déposé un préavis de grève nationale pour la journée.

Un employé entame une grève de la faim

Une autre grève est menée par un employé du CHU de Nice. Ce mercredi matin, Thierry, salarié comme agent de sécurité incendie depuis vingt ans, a entamé une grève de la faim, comme l’a partagé Nice-Matin. Interrogé par le quotidien, il explique : « La pression est trop forte psychologiquement, si ce n’était pas le cas, je ne crierais pas aujourd’hui au désespoir. L’hôpital nous appelle jusqu’à la maison, pour nous interroger sur notre statut vaccinal. Ce mercredi matin, deux infirmières sont reparties en pleurs de leurs services après avoir été mises à pied. Pourquoi ne pas laisser de libre choix ? »

Il ajoute : « C’est injuste ce qu’il se passe. Au début de la crise, l’hôpital a fait venir travailler des soignants porteurs du virus… Aujourd’hui on nous traite de criminels, parce qu’on refuse la vaccination. »