Nice : Pourquoi le projet de navette-maritime pour désengorger les voies d’accès à Monaco va devoir attendre ?

TRANSPORTS La nouvelle liaison qui était attendue pour cet été ne suffira de toute façon pas, à elle seule, à régler les problèmes de circulation, selon le maire de Cap d’Ail

Fabien Binacchi

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Dans le sillage d’un bateau, au large de la Principauté de Monaco
Dans le sillage d’un bateau, au large de la Principauté de Monaco — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • La métropole Nice Côte d’Azur et la Principauté de Monaco ont lancé le projet d’une navette maritime entre le port de la capitale azuréenne et celui de Cap d’Ail, à proximité directe de la Principauté, pour tous les salariés qui viennent travailler sur le Rocher.
  • L’appel d’offres pour désigner un exploitant a été déclaré infructueux et doit être relancé.
  • Selon le maire de Cap d’Ail, cette ligne ne suffira pas à désengorger les routes et une solution doit venir des voies de chemins de fer.

Ses traversées inaugurales étaient programmées pour cet été. Mais il faudra finalement encore patienter pour monter à bord de la première navette maritime imaginée pour relier le port de Nice à Monaco, en une demi-heure, via Cap d’Ail. Voulu comme un « moyen de transport alternatif qui faciliterait les déplacements des actifs métropolitains et monégasques », le service n’a pas réussi, pour l’instant, à se trouver un opérateur sérieux.

Porté par la régie de transports en commun Lignes d’Azur, « le marché ayant été déclaré infructueux, une procédure va être relancée pour une attribution début 2022 », a expliqué à 20 Minutes la métropole Nice Côte d’Azur qui a lancé le projet avec le gouvernement de la Principauté.

« Un nouvel appel d’offres est en cours de finalisation de rédaction », est-il précisé. La collectivité s’est laissée du temps pour mieux ficeler son dossier et ne pas se retrouver, une nouvelle fois, sans candidat. La mise en service n’interviendrait donc que dans le courant de l’année prochaine, au mieux.

Plus de 50.000 véhicules par jour et ça augmente

Il y a pourtant urgence. « Les difficultés d’accès à Monaco via l’A500 et par la moyenne corniche via Cap d’Ail sont croissantes », rappelle la métropole, qui note une « augmentation du trafic » continue, actuellement à plus de 50.000 véhicules par jour. Un vrai casse-tête d’autant plus que « l’attractivité de la principauté va s’accroître », avec, selon les prévisions communiquées par la collectivité, « 15.000 emplois de plus d’ici 2030 ». Des aménagements routiers sont à l’étude. Et notamment la création d’un tunnel sous la moyenne corniche. Un nouvel ouvrage pour le moment hypothétique.

Officialisé en février, à l’occasion du lancement du « Plan climat » de la métropole, le projet maritime est de son côté lancé. Et il a au moins pour lui son aspect environnemental. « Dans un premier temps hybride », la navette doit en effet tourner « par la suite » uniquement à l’électrique « ou fonctionner à l’hydrogène ». Son tarif, calqué sur celui des « transports en commun et intégré dans le pass multimodal », est prévu pour être tout aussi attractif.

« Ça ne suffira pas »

« Ce projet de navettes maritimes est novateur. Il s’ajoute à tout ce qu’on essaie de mettre en œuvre pour améliorer la situation. Mais ça ne suffira pas », tempère Xavier Beck, interrogé par 20 Minutes. Le maire de Cap d’Ail, futur terminus de cette ligne, dont le port a été choisi pour sa proximité avec le quartier d’affaires de Fontvieille à Monaco, craint que le service ne parvienne finalement pas « à fidéliser les pendulaires », le nom donné à ces travailleurs qui exercent dans la Principauté.

« La Méditerranée n’est pas un lac, dit-il. Et avec la fréquence des coups de mer, on risque d’être embêté. » D’autant plus que, « dans ces navettes, on ne pourra embarquer que 150 à 200 personnes à la fois », rappelle l’élu.

Pour lui, le salut ne peut venir que des voies de chemins de fer. Où il voudrait voir augmenter la cadence des TER, le plus souvent bondés aux heures de pointe. « Il faudrait avoir une sorte de métro azuréen », dit-il. Les aménagements prévus dans le cadre du projet de Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA) ouvriraient la possibilité de doubler pratiquement le nombre de trains sur l’axe Nice-Vintimille. Mais ce ne serait pas avant 2035.