Vaccination à Nice : Au palais des expos, les ados « pensent au futur » et « protègent leurs proches » en se faisant vacciner

COVID-19 Depuis mardi, les personnes âgées entre 12 et 17 ans peuvent elles aussi se faire vacciner

Elise Martin

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Lylie, 15 ans, en train de recevoir sa première injection de Pfizer par Caroline, l'infirmière volontaire
Lylie, 15 ans, en train de recevoir sa première injection de Pfizer par Caroline, l'infirmière volontaire — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Les jeunes entre 12 et 17 ans, peuvent désormais prendre rendez-vous pour se faire vacciner, sur le site de la ville de Nice (en s’inscrivant puis en choisissant un créneau) ou sur Doctolib.
  • Les mineurs doivent impérativement être accompagnés d’un de leurs parents et avoir l’autorisation des deux si l’autorité parentale est partagée.
  • A Nice, les adolescents rencontrés venaient pour « se protéger et protéger les autres, penser à l’avenir et profiter de ce service de soin qui n’est pas accessible partout ».

Parmi les 5.000 personnes qui ont pris rendez-vous au centre de vaccination du palais des expositions de Nice, une centaine a entre 12 et 17 ans ce mercredi. « On a envoyé un SMS à plus de 200.000 personnes de notre base de données pour dire que c’était accessible, indique Romain Gitenet, directeur de l’agence de sécurité sanitaire, environnementale et de gestion de risques de la métropole. Mardi, 200 adolescents se sont fait vacciner, aujourd’hui on en attend moins parce qu’il y a beaucoup de rendez-vous pour la deuxième injection ».

Lenny, 16 ans, a réussi à obtenir un rendez-vous dans les premiers. « Avant même l’ouverture pour sa tranche d’âge, je l’avais déjà inscrit, indique sa mère, Célya. Au début quand on lui a proposé de faire l’injection, il n’était pas très sensible. Mais une camarade de sa classe a attrapé le Covid, ça fait des mois et elle n’est toujours pas revenue en cours. » « Ça a été un peu le déclencheur, je retournerai au lycée plus serein », avoue le néovacciné. Sa mère ajoute : « Je pense qu’il faut faire de la sensibilisation avec les jeunes parce qu’ils ont la volonté. Il faut leur présenter en montrant que c’est facile et ça a son importance pour l’avenir. On pourra partir plus facilement à l’étranger, aller au restaurant, et il ne contractera pas la forme grave de la maladie. »

Pour aller voir les grands-parents

Pour recevoir une injection Pfizer, le seul vaccin pour cette population jusqu’à présent, il est nécessaire d’avoir une autorisation des deux parents. Le jour J, un des deux parents doit être présent avec le mineur, du début à la fin du protocole. Ils doivent se munir du formulaire de vaccination rempli, des autorisations, d’une copie des papiers d’identité des parents, de la carte Vitale et du livret de famille. Avant la vaccination, lors de l’entretien médical, l’enfant doit affirmer son consentement à l’oral. Le reste est similaire à la procédure pour les majeurs.

« On fait un petit peu plus de psychologie, on parle davantage avec eux, précise Sylvie, une infirmière. J’en ai eu trois ce matin, il y en a une qui était un peu anxieuse en voyant l’aiguille. Elle s’est mise à pleurer. Donc on prend le temps et on rassure. C’est la seule différence. » Caroline, infirmière également dans la salle d’en face, complète : « On a plus de surveillance au niveau des papiers à vérifier. Et si jamais il y a des petits gabarits, on a des seringues plus fines. Sinon, ce sont les mêmes doses. »

Elle vient juste de vacciner Lylie, 15 ans. « J’attendais mon tour avec impatience, s’exclame cette dernière. J’avais envie de le faire pour me protéger mais surtout protéger les autres et notamment mes grands-parents, dont je n’ai pas pu profiter de la présence à cause du Covid. »

« On est chanceux d’avoir ce système-là en France »

Dans la salle de repos, Irène et sa fille de 17 ans, Margot, viennent de faire leur première injection toutes les deux. « C’était l’occasion de le faire ensemble », s’exclament-elles. « Il y a plusieurs raisons pour lesquelles ça me semblait important, indique la plus jeune. Mais il y a surtout le fait qu’on habite entre deux pays, ici et le Brésil, et en regardant ce qu’il se passe là-bas, on s’estime très chanceux d’avoir accès au vaccin et de pouvoir sortir de cette crise de cette manière. »

D’ici trois semaines, elle pourra venir faire sa deuxième injection, « une petite particularité comparée aux adultes qui doivent attendre plutôt six semaines, indique Laurence Serandour, infirmière responsable de la vaccination. Aussi, il est possible de faire le vaccin deux mois après avoir eu le coronavirus quand on a entre 12 et 17 ans. »