Nice : Pourquoi ça coince toujours pour le boulevard Gambetta

TRANSPORTS Des associations réclament une nouvelle concertation pour trouver un compromis entre les pistes cyclables et le trafic routier

Fabien Binacchi

— 

Seuls les bus d'une ligne en site propre et les vélos pourront rouler sur la partie sud du boulevard Gambetta
Seuls les bus d'une ligne en site propre et les vélos pourront rouler sur la partie sud du boulevard Gambetta — Métropole Nice Côte d'Azur
  • Le 8 avril, la mairie de Nice a annoncé que le bas du boulevard Gambetta ne serait plus accessible qu’aux cyclistes et aux bus.
  • Des associations de quartier réclament de nouvelles discussions pour trouver des solutions au problème des flux routiers qui se déportent.

L’omniprésent président du comité de quartier du Parc Impérial-Gambetta ne désarme pas. Après des manifestations organisées l’an dernier contre ce projet, Eric Fouzari est revenu dernièrement à la charge, se plaignant auprès du maire de Nice de son « entêtement concernant la piste cyclable du boulevard Gambetta ».

Après le lancement d’une expérimentation l’an dernier, la mairie avait arrêté, le 8 avril, et après une concertation à la participation record selon elle, le nouvel aménagement définitif de cet axe. Au sud, une piste cyclable à double sens, donc, mais aussi une nouvelle ligne de Transport en commun en site propre (TCSP). Avec, au final, des automobilistes priés de passer par d’autres voies. « Le maintien d’une piste cyclable ne fait plus débat : 67 % des habitants se sont déclarés favorables », avait argué le maire.

Les rues adjacentes « saturées du matin au soir »

« Qu’il y ait des axes pour les vélos n’est pas le problème. Le problème, c’est que le trafic routier s’est logiquement reporté sur les rues adjacentes sans que rien ne soit prévu à ce sujet », s’inquiète Eric Fouzari, rejoint par Roger Prunet, le président du comité de quartier voisin des Musiciens. Selon eux, ces rues en question se retrouvent « saturées du matin au soir » avec une moyenne de « 1.200 véhicules par heure ».

Leur pétition lancée il y a deux mois pour « sauver nos quartiers au bord de l’asphyxie » avait mobilisé dimanche environ 750 signataires sur Change.org. « Et, au total, près de 2.000 en ajoutant le porte à porte », selon le responsable d’association. Il regrette que ce projet ait été arrêté « de manière précipitée ». Le choix validé par la mairie avait aussi été jugé « inquiétant » par l’opposition RN. « Aucune étude d’impact n’a été entreprise sur le report des véhicules dans les artères parallèles », avaient avancé les conseillers municipaux Jean Moucheboeuf et Philippe Vardon.

Rouvrir jusqu’à la rue de France ?

« Il faut entamer une véritable concertation sur cette problématique précise pour trouver des solutions », poursuit Eric Fouzari. Et de préconiser de « rouvrir, au moins, à la circulation routière jusqu’à la rue de France. Ce qui libérerait déjà un certain nombre de rues impactées par les nuisances. »

Interrogée par 20 Minutes, la municipalité niçoise rappelle qu’elle a mené « la concertation publique réglementaire, comme prévu par le Code de l’urbanisme » avec « 530 messages reçus ». Elle fait également savoir que le TCSP, qui occupera un large espace sur le bas du boulevard Gambetta, sera lui aussi soumis « à concertation publique dès le mois de septembre 2021. »

En attendant, Eric Fouzari indique qu’il doit être reçu par l’adjoint au maire Philippe Pradal, mardi. Et il espère bien recevoir rapidement des propositions, ou au moins la promesse de nouvelles discussions.